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Annulation des dettes détenues par la BCE, Cheminade répond

vendredi 5 février

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Encore un effort pour réparer et reconstruire le monde

Réponse de Jacques Cheminade à la tribune d’économistes européens sur la dette publique

Le 5 février 2021 – Je viens de prendre connaissance de la tribune intitulée « Annuler les dettes publiques détenues par la BCE pour reprendre en main notre destin », publiée dans plusieurs journaux européens.

Ce texte a le mérite d’apporter sa contribution à un débat fondamental dans la situation où se trouve l’économie européenne et mondiale et, en France, dans la dynamique de l’élection présidentielle de 2022. Il souligne, à juste titre, que « seule la volonté politique compte ».

Cependant, il est à la fois insuffisant dans sa portée et demeure orienté dans la perspective d’une finance verte qu’il s’abstient de dénoncer ou, plus exactement, qu’il promeut de facto.

  1. Il prévoit l’effacement des dettes publiques que détient la Banque centrale européenne (BCE) – ou leur transformation en dettes perpétuelles sans intérêt – ce qui revient à ignorer la question tout aussi fondamentale de la croissance quasi-exponentielle des dettes privées. Ces dettes publiques et privées se sont accumulées en raison du fonctionnement de circuits financiers organisés par une oligarchie financière et numérique prédatrice. Le défi réel est de mettre fin à la domination de ce système qui engendre l’émission quasi-illimitée de fausse monnaie et aboutit à un asservissement par la dette dans un régime de rente et de capital fictif. Ce texte ne s’adresse donc pas à la cause profonde de la situation dans laquelle se trouvent l’Europe et le monde ;
  2. En promouvant le choix d’une « reconstruction écologique et sociale », il ne définit aucun critère rationnel concernant la nature des investissements à émettre pour conduire à un réel redressement des économies. Le critère d’une vraie politique ayant pour objet le bien commun et l’intérêt des générations futures est en effet constitué de deux impératifs :
    —accroître la capacité d’accueil de notre planète – son potentiel de densité démographique – en redonnant aux êtres humains l’espérance de pouvoir l’orienter et l’assurer. Un monde continuant à subir une décroissance de sa population se condamnerait lui-même ;
    —pour cela, privilégier les investissements associés à une augmentation de la production par être humain, par unité de surface utilisée et par quantité de matière mobilisée, en mesurant la responsabilité humaine vis-à-vis du monde futur selon les critères d’une économie physique équipant l’homme et la nature, et non d’une économie de fausse monnaie, incapable d’engendrer les conditions permettant de rembourser les crédits accordés ;
  3. Enfin et surtout, en promouvant l’écologie sans en définir les critères humains, le texte se place implicitement dans la perspective d’une finance verte, prônée par les partisans de la « grande réinitialisation » du Forum de Davos, de la BigTech et des principaux banquiers centraux du monde. Ce choix a pour conséquence inéluctable l’incapacité de fournir les moyens d’une croissance énergétique et technologique réelle au plus grand nombre, aboutissant à une politique de dépopulation, de répression et de surveillance de masse des comportements sociaux et financiers vis-à-vis de ceux qui résistent ou se révoltent.

Sans vouloir mettre en cause les bonnes intentions de la plupart des signataires, j’attire leur attention sur le fait qu’en proposant une mesure s’inscrivant dans le moule financier du système dominant, celle-ci ne peut être au mieux qu’un ballon d’oxygène, au pire l’accessoire d’un ordre injuste dont ils ne mettent pas en cause les rouages.

Le véritable défi est de sortir de l’asservissement par la dette, en organisant un nouvel ordre économique et monétaire international de développement mutuel, gagnant-gagnant, et en rétablissant la priorité du crédit public, orienté par une politique de planification indicative et financé par des banques nationales, avec une participation citoyenne, et non par un système de banques centrales. Cette perspective est la seule qui permette d’échapper au risque de plus en plus imminent d’une guerre de tous contre tous. Elle est incompatible avec l’Union européenne et, surtout, avec la dictature financière qu’exercent les banques centrales à travers les orientations définies par la Banque des règlements internationaux (BRI), associées aux GAFAM, dans une gestion par algorithmes qui repose sur la logique d’un ordre fini.

C’est pourquoi je pense nécessaire, par-delà la proposition de ces économistes et sans pratiquer l’art de l’esquive, d’ouvrir immédiatement un débat sur les fondamentaux que je me suis efforcé d’évoquer, la situation en Europe et dans le monde étant trop grave pour y échapper.

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