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Bill Gates et le monde qui vient

jeudi 28 mai

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par Jacques Cheminade, président de Solidarité & Progrès.

Paris, le 28 mai 2020 — De nombreux échos me sont parvenus sur les questions posées par les réseaux sociaux concernant les activités de Bill Gates et sur les réactions à un article paru sur le site de Solidarité & Progrès. Une mise au point me paraît nécessaire en cette période de confusion des idées et des sentiments.

  1. La pandémie de coronavirus est un fait. Les décisions de confinement étaient nécessaires dans les pays, comme le nôtre, qui n’étaient pas préparés à faire face (masques, lits de première urgence, réanimateurs, etc.). Le véritable scandale est celui de la négligence, criminelle dans ses conséquences, d’un système dont la priorité est le profit financier à court terme et non le respect de la personne humaine. Le danger est que ce confinement soit utilisé comme un levier pour imposer des mesures liberticides, en transformant notre Etat de droit limité en une « dictamolle » progressivement durcie. Mais c’est là un point fondamental du débat politique d’ensemble, qui ne peut être réduit à tel ou tel point particulier écarté de son contexte ;
  2. Un changement de système n’est possible que si les principaux pays du monde mettent leur poids dans la balance, dans l’intérêt de leurs peuples, pour mettre un terme à celui de la City et de Wall Street. En particulier, l’affrontement géopolitique entre les Etats-Unis et la Chine, s’il continuait, serait un désastre pour nous tous car il conduirait au chaos et à la guerre. L’alternative que nous défendons repose, contre tout malthusianisme et toute géopolitique, sur le principe de paix par le développement mutuel, fondé sur un accroissement du potentiel de densité démographique relative et le recours aux flux d’énergie et de technologie les plus denses. Ce qui exige, dans le monde entier, l’équipement de l’homme et de la nature : qualification du travail, éducation, santé publique, culture de la vie et de la découverte.
  3. C’est à partir de là que nous devons déterminer nos engagements, que nous venons de définir dans la Feuille de route 2020 pour la France de Solidarité & Progrès ;
  4. La personne et le rôle de Bill Gates doivent être jugés dans ce contexte, sur des faits établis ;
  5. Il est un représentant de la politique de mondialisation financière, associé à des milieux de cet Empire britannique mutant, à face anglo-américaine, que nous contestons et combattons. Nous l’avons dit bien avant d’autres qui aujourd’hui le découvrent. Le lobby pharmaceutique s’est adapté à cette politique oligarchique et le trust qui alimente la fondation Bill et Melinda Gates est une expression de cette adaptation ;
  6. Cependant, isoler Bill Gates du reste et de la nature du système au sein duquel il opère, en multipliant les contre-vérités et les élucubrations sur sa personne, ne fait que servir la cause de ce système et tomber dans son piège. Soyons précis : Bill Gates ne déclare pas vouloir dépeupler la planète, mais comme les Nations unies, il estime qu’une meilleure santé dans les pays en voie de développement pourra freiner l’emballement de la natalité dont il s’inquiète. Il est donc bel et bien un malthusien, ce dont on peut établir la preuve. En rajouter dessert notre propre critique ;
  7. Sous prétexte que, pour se faire valoir et contribuer à la mondialisation de la santé publique, il finance une politique de vaccination, ne doit pas être une raison pour combattre le principe même de vaccination. Car celui-ci repose sur le même engagement que le port du masque : le souci de protéger autrui. La vaccination, telle que mise au point par Louis Pasteur, a sauvé des millions de vies humaines et son principe est scientifique.Bien entendu, il peut être utilisé avec d’autres desseins, mais confondre vaccination et desseins éventuels de ceux qui l’utilisent, est du même ordre que confondre le nucléaire, forme d’énergie la plus dense, de nature à fournir les moyens du développement économique aux pays qui en sont dépourvus, et l’usage que peuvent en faire des nucléocrates bornés ou des complexes militaro-financiers. Ce dilemme entre découverte scientifique, technologie qui l’applique et intention animant ses utilisateurs, est le même pour toute invention humaine, depuis le biface jusqu’à aujourd’hui. Il définit la nécessité du pouvoir politique ;
  8. Que, comme beaucoup d’autres, Bill Gates ait prévu une pandémie ne suffit pas à en déduire qu’il l’a provoquée. Tous les éléments sont réunis depuis le 15 août 1971 pour qu’en raison de la priorité donnée au financier, à la dérégulation et au court terme, rien n’ait été prévu qui puisse en empêcher l’extension. Nos propres services de santé et nos responsables militaires ont, bien avant Bill Gates, mis en garde sur cette possibilité historique. Encore une fois, le scandale est qu’on savait et qu’on n’a rien préparé ou presque dans les pays occidentaux riches pour faire face. Le fait que des pays aient mieux réagi que le nôtre est dû à une meilleure préparation de responsables mieux disposés à rendre des comptes à leurs peuples ;
  9. Si la situation demeure en l’état, avec d’un côté les forces financières dévastant la planète, et de l’autre des écologistes dévoyés réduisant l’être humain à un facteur de pollution ou de pillage, avec pour dénominateur commun le pessimisme malthusien de tous, la politique de Wall Street et de la City prévaudra. L’Empire britannique, qui n’est pas une « force obscure » et ne peut être réduit à la volonté de puissance d’un homme ou de quelques-uns, a toujours deux fers au feu contre ses ennemis. Il entend désorienter ses ennemis potentiels et les amener à se battre entre eux en jouant sur leurs préjugés, leurs peurs et leur pessimisme irrationnel. Q-Anon, Judy Mikovitz et Steve Bannon sont une des faces de ce double jeu, comme l’étaient « les hommes de Londres » pendant la Révolution française ;
  10. Il ne s’agit donc pas de faire une fixation sur un homme (Bill Gates en l’occurrence), mais de désigner un ennemi par ce que, très concrètement et aux yeux de tous, il fait ou ne fait pas. L’Empire britannique, V.O. ou version XXIe siècle, a toujours opéré sous un soleil qui ne se couche jamais, qu’un Bernanos aurait appelé « le soleil de Satan ». L’essentiel est de proposer contre lui un projet positif, qui ne soit pas basé sur un point unique ou le désir de couper quelques têtes, mais qui rétablisse l’espérance en son pays et en l’Humanité. Et suscite le meilleur des capacités créatrices de chacun plutôt que des ressentiments stériles. C’est ce que Solidarité & Progrès tente de faire.

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