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Cheminade : reportons l’ouverture des établissements scolaires par respect pour les citoyens

mardi 28 avril

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Reporter l’ouverture des établissements scolaires par respect pour les citoyens

Déclaration de Jacques Cheminade, président de Solidarité & Progrès

Paris, le 28 avril 2020 — J’ai été le seul homme politique français, contre l’avis de tous les autres, à demander le report des élections municipales.

Le premier droit des citoyens d’une République est en effet le droit au respect de leur vie et de leur santé. Ce droit n’a pas été respecté, ni par le président de la République, ni par les partis politiques officiels consultés, ni par tous ceux qui ont présenté des candidats.

Ceux qui, compte tenu des instructions de leurs dirigeants, ont courageusement assuré la tenue des bureaux de vote sans être protégés contre la pandémie, l’ont parfois payé de leur vie ou sont tombés gravement malades. Je ne veux pas qu’une telle négligence, de la part de responsables pourtant bien informés, puisse aujourd’hui se reproduire.

C’est pourquoi, comme j’ai demandé à juste titre le report des municipales, je demande aujourd’hui que les établissements scolaires ne soient pas rouverts le 11 mai. Je suis cette fois en plein accord avec le Conseil scientifique du président de la République qui, par son avis du lundi 20 avril rendu public le 25, « propose de maintenir les crèches, les écoles, les collèges, les lycées et les universités fermés jusqu’au mois de septembre ».

Certes, le président de la République et son Premier ministre ne sont pas contraints de suivre les avis qui leur sont communiqués. Ils doivent cependant se soumettre au devoir de faire pour les citoyens tout ce qui est en leur pouvoir pour défendre leur existence et éviter les risques de transmission.

Si les établissements scolaires sont rouverts sans masques disponibles pour les enseignants et leurs élèves et si le taux de la population testée reste chez nous trois fois inférieur à la moyenne des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), ce sont des risques inadmissibles que l’on ferait courir à tous.

Bien entendu, il est difficile pour les familles, notamment celles qui disposent de logements insuffisants, d’assurer la surveillance et le soin de leurs enfants. Bien entendu, à la fin du confinement, les parents retournant au travail, il faudra assurer que l’on s’occupe des enfants.

Cela pose la question de la date du déconfinement pour tous. Il ne peut être décidé sans disposer de masques pour tous, de dispositifs de dépistage pour tous et de moyens pour assurer un accueil digne de ce nom dans des hôpitaux équipés en cas de « seconde vague ». Le président de la République et le gouvernement, qui doivent donner l’exemple, ne peuvent pas se dérober à leurs responsabilités vis-à-vis des citoyens en laissant aux enseignants, aux parents et aux médecins de ville le soin de régler ce qu’eux-mêmes ont été incapables de faire.

Le défi ne concerne pas seulement le Président actuel et son gouvernement, mais toute notre caste politique : le monde entier et même le quotidien Le Monde reconnaissent le « fiasco français ».

Par-delà ma demande de report de la rentrée des crèches, écoles, lycées et universités, c’est donc un appel que je lance, avec Solidarité & Progrès, à un engagement citoyen pour sortir d’une crise qui est sanitaire, économique, sociale, politique et culturelle.

Je prends ma part à cet engagement et pense que les enseignants, tout comme les soignants, sont parmi ceux qui peuvent le mieux nous aider à revenir réellement à une République qui ne se réduise pas à élire et réélire les mieux nantis de toutes couleurs.

L’Etat doit apporter une réponse déterminée et rapide à l’exigence de justice des plus démunis et au désarroi de ceux qui perdent leurs moyens de vivre.


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