La France avec les yeux du futur

Communiqué : 18 juin 2017

lundi 19 juin

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Le deuxième tour de l’élection législative a donné au Président de la République une majorité absolue à l’Assemblée nationale.

En même temps, le taux d’abstention sans précédent dans l’histoire de la Ve République et le fait que les candidats d’En Marche aient obtenu moins du tiers des suffrages exprimés au premier tour, c’est-à-dire moins de 20 % si l’on considère les électeurs inscrits, créent une situation de faiblesse politique par rapport à la force apparente de la majorité parlementaire.

Emmanuel Macron et son gouvernement ne bénéficieront donc pas d’un « état de grâce » lorsqu’ils feront très bientôt face au principe de réalité. Les Françaises et les Français seront d’autant plus exigeants qu’ils voient en eux, pour ceux qui ont voulu leur « donner une chance », l’espérance d’un renouvellement.

Pour ma part, dans ces conditions et compte-tenu de la crise internationale et nationale, je m’efforcerai de créer dans notre pays un mouvement et de tisser des réseaux de réflexion en vue de poursuivre le combat pour l’alternative. Sans sectarisme ni concessions, mais en ouvrant le jeu pour marcher vers ce changement de fond dont notre pays doit devenir porteur pour retrouver sa raison d’être.

Tout d’abord, la France doit s’engager dans un véritable partenariat économique et une coopération étroite avec la Chine de la Nouvelle Route de la soie et les aspirations légitimes de la Russie, tout en jouant le rôle de pont vers nos alliés historiques américains pour mener une politique qui serve la cause de l’humanité et ses objectifs communs.

C’est cet engagement de notre politique internationale vis-à-vis des Etats qui nous permettra de jouer un rôle moteur contre le féodalisme financier qui aujourd’hui règne dans le monde, sous la coupe de la City, de Wall Street et de GAFA. La cause de l’humanité exige ce combat en commun des patries et des peuples contre le cartel des mégabanques, des grandes sociétés d’assurance et du numérique.

Notre cause sera ainsi celle de la paix par le développement économique mutuel dans le monde, avec des objectifs à long terme qui doivent être le développement de l’Afrique, conjugué à une politique de la mer et de l’espace.

Ainsi libérée de la tutelle financière, notre politique intérieure pourra servir la santé publique, l’éducation nationale, la formation professionnelle et la qualification du travail humain, bref une culture de la vie et de la découverte.

Nous devons pour cela être inspirateurs d’une Europe refondée, qui, par delà l’euro, l’UE actuelle et sa dépendance vis-à-vis de l’OTAN, retrouve elle aussi sa raison d’être en respectant la souveraineté nationale d’Etats attachés au progrès économique et social, en rompant avec la complaisance envers le système financier dont l’euro est devenu la courroie de transmission.

S’il entend avancer dans cette perspective et réunir les moyens financiers nécessaires pour mettre en œuvre un projet dans l’intérêt général des Français et de la France, Emmanuel Macron devra commencer par entreprendre la séparation bancaire instaurée par Roosevelt aux Etats-Unis en 1933 et par nous-mêmes à la Libération, le « Glass-Steagall » permettant d’assainir l’environnement financier pour ensuite investir avec un crédit public retrouvé et libéré de la tutelle bancaire.

Là se trouve le fondement d’une politique qui pourra créer les emplois qualifiés du futur, dans un monde où le numérique, la robotique et la 3D libéreront du travail répétitif dans les usines comme dans les bureaux, et où le travail lui-même ne sera plus considéré comme un coût mais comme une impulsion créatrice constamment renouvelée.

Pour notre Président et son gouvernement, engager ce projet signifie qu’à leur tour, ils se libèrent des intérêts qui les ont portés au pouvoir.

Pour ma part, je me battrai pour cette nouvelle Libération, avec ou sans eux. Les deux 18 juin, ceux de De Gaulle en 1940 et de Mendès-France en 1954, sont la preuve que les sources d’énergie nouvelle coulent toujours dans notre pays pour y inspirer son futur.


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