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1989 – Condamne le Plan Delors annonçant la dictature supranationale de l’euro et de la BCE

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Analyse de Jacques Cheminade parue dans Nouvelle Solidarité le 5 mai 1989. (extraits)

« La bourse ou la vie » disaient les malfaiteurs à leurs victimes au temps où ils joignaient encore la parole au geste. C’est exactement à un choix de ce type que se trouvent aujourd’hui soumis les pays européens qui ont signés l’Acte unique de 1985.

La bourse : ils en restent à un marché unique « dérégulé », sans harmonisation des politiques, et c’est alors les deux grandes puissances financières de la zone qui l’emportent, le système mark - le corps - avec son poids de liquidités disponibles, et la Cité de Londres - la tête - avec son savoir-faire politique.

La vie : pour sortir de la dérégulation, les États acceptent un ordre monétaire européen, suivi d’une inéluctable perte de souveraineté dans l’application de leurs politiques économiques, et c’est alors leur indépendance nationale qu’ils sacrifient.

Le rapport de Jacques Delors sur l’union économique et monétaire se situe dans cette seconde perspective.

Jacques Delors ne propose en effet rien moins que de supprimer les devises nationales et de créer en fin de processus une banque centrale commune - « une institution communautaire autonome » - qui battrait une monnaie unique pour tous les citoyens de la CEE.

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Toute la politique des Etats tomberait sous le contrôle supranational, car tous les crédits - depuis les crédits aux armées jusqu’aux crédits à l’éducation - y seraient soumis par le biais du contrôle budgétaire ! [...] Et le rapport Delors de prévoir « qu’au cas où les Etats membres ne respecteraient pas la ligne convenue, la Commission serait chargée de prendre des mesures efficaces pour en assurer le respect ».

C’est dans les grandes lignes ce qui a été réalisé depuis le Traité de Maastricht jusqu’au pacte budgétaire européen.
Par la suite, il fut établi que ce Plan Delors est en réalité l’œuvre du vice-président de la Commission européenne en charge du marché intérieur, de la fiscalité et des douanes, le Baron Cockfield.
Ce dernier est désormais reconnu comme le vrai « père de Maastricht ».

Les propositions ultérieures de Delors pour établir cette fois une politique de grands travaux en Europe, ont été rejetées en 1994.


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