La France avec les yeux du futur

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A la Conférence annuelle de l’Organisation internationale du travail à Genève, le 11 juin, Emmanuel Macron a dénoncé « un capitalisme devenu fou ». « Le chaos est là, a-t-il martelé. Je crois que la crise que nous vivons peut conduire à la guerre et à la désagrégation de nos démocraties. » Excellent diagnostic méritant une très bonne note, mais suivi d’aucune annonce à sa hauteur. C’est le mal de nos élites, bien dire dans la forme ce dont on ne tirera aucune conséquence dans les faits. Rappel : le 25 septembre 2008, dans son discours de Toulon, Nicolas Sarkozy annonçait « la fin d’un capitalisme financier » qui pervertit l’économie. Il prêta ensuite aux banques et aux marchés. Tout comme Emmanuel Macron, poursuivant ses « réformes » qui sont une adaptation permanente à la mondialisation financière. Ce ne sont pas les mesures annoncées le 12 juin par Edouard Philippe qui nous permettront de rentrer dans l’histoire.

« Reprendre notre souveraineté monétaire et politique. »

Il faut crier très fort : « Crois et agis ! » Car eux ne croient qu’à moitié et n’agissent pas du tout. Par où commencer ? Retrouver notre capacité d’intervention et nous allier aux forces qui, chez nous et dans le monde, vont dans le sens du bien commun et de notre intérêt national. C’est d’abord reprendre le contrôle du robinet de l’argent et du crédit, notre souveraineté monétaire. Sinon, au sein d’une Union européenne dévoyée, nous resterons des nains faisant de beaux discours.

Au niveau national, Solidarité & Progrès a lancé le combat pour le retour à une Banque nationale, qui doit être le sujet même d’un Référendum d’initiative citoyenne. Nous le proposons aux Gilets jaunes et à la majorité des Français qui rejettent la politique politicienne. Car les citoyens doivent décider sur les causes, sur le cœur du sujet, et non se laisser disperser par une myriade d’exigences, dont chacune ne pourra être durablement satisfaite que si le peuple tient le gouvernail de l’argent.

Une rumeur répond : ils sont trop forts, la finance contrôle tout, nous n’y pouvons donc rien. Soyons clairs : le raisonnement en termes institutionnels des bons élèves de l’ENA a pollué le peuple. Il faut penser, comme le disait Einstein, en dehors des termes dans lequel le débat a été posé si l’on veut trouver une solution au dilemme. Donc regarder d’abord autour de soi pour mesurer là où ça change, là où ça rompt avec un ordre qui, vu du dedans, paraît invincible.

En tournant le regard vers Bichkek, au Kirghizistan, et vers Douchanbé, au Tadjikistan. Là, dans ces lieux apparemment exotiques, se sont tenues respectivement les réunions de l’Organisation de la coopération de Shanghai (OCS) et de la Conférence sur les mesures de sécurité en Asie (CICA). Les présidents Xi Jinping, Poutine et Modi y ont déclaré s’accorder, par delà les considérations géopolitiques, sur un engagement de développement économique mutuel. Le principe en est l’investissement dans les infrastructures et les technologies de pointe, non dans les spéculations financières.

Ces réunions se sont déroulées dans un contexte de risque de guerre dans le monde. « Les relations américano-russes se dégradent d’heure en heure », a souligné Poutine. En effet, les principaux conseillers du président Trump tentent de l’entraîner dans des conflits directs, John Bolton ayant même annoncé que la guerre cybernétique avait été lancée contre les réseaux électriques russes, en y implantant un virus destructeur.

Que doit donc faire la France ? Retrouvant sa souveraineté monétaire et politique, être vecteur et médiateur de la paix dans le monde. Ainsi politique intérieure et politique internationale pourront redevenir cohérentes, comme avec De Gaulle. Car ce moment de risque de guerre et de chaos financier est aussi une occasion de retrouver ce que notre histoire nous a légué, ni la soumission au monde de l’argent, ni le repli national ou local qui est la glu d’un faux souverainisme. La France est un projet toujours recommencé, non une formule.


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L’édito de Jacques Cheminade est publié tous les 15 jours dans le journal Nouvelle Solidarité.