La France avec les yeux du futur

Dans le Huffington Post, Cheminade présente « Ma France en 2050 »

mercredi 19 avril

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Avant le premier tour de l’élection présidentielle, le Huffington Post a eu l’excellent idée de demander à chaque candidat de présenter sa vision du futur pour la France.

Ma France en 2050

Par Jacques Cheminade
Huffington Post du 18 avril 2017

Comment la France se sera-t-elle adaptée aux impacts du réchauffement climatique ? Qu’est-ce qui aura changé dans l’Hexagone ?

Le système de crédit public que je mettrai nous permettra d’aménager un réseau national de grands réservoirs et canaux d’eau pour stocker les eaux surabondantes qui provoquent les inondations, et redistribuer ce surplus dans les zones sèches selon les fluctuations du climat.

Nos centres de recherche auront développé de nouvelles variétés de fruits et légumes et des médicaments innovants pour faire face à des aléas climatiques extrêmes. Les Français seront en passe de maîtriser la création de nouveaux cycles de l’eau, combinant l’ionisation locale de l’atmosphère pour créer des nuages à une gestion intelligente de nos forêts et l’établissement de nouvelles plantations.

Ce seront des applications concrètes des recherches scientifiques -poussées et dopées par les moyens que donnera l’Etat pour affranchir les chercheurs de la recherche de fonds- sur la climatologie et le rôle en particulier des nuages et de la vapeur d’eau ainsi que du soleil.

D’ici 2050, le nombre de francophones aura triplé dans le monde. Quel sera le rôle de la France à ce sujet ?

La France aura entamé une grande coopération avec les pays africains et du Moyen Orient autour de projets de développement concrets : revitalisation du Lac Tchad, des lacs de la Faguibine, des chotts en Tunisie, plantation de la grande muraille verte, développement des infrastructures de transport à l’intérieur des pays et non plus des mines aux ports...

Sur la base de cette relation nouvelle de fraternité, portée par le Ministère de la Coopération, du Co-développement et de l’Intégration que j’aurai créé, notre pays retrouvera son rôle de premier plan dans la francophonie :

  • les Instituts et les alliances françaises auront ré-ouvert à travers le monde, et seront dotés des moyens nécessaires ;
  • un Conseil d’action culturelle extérieure oeuvrera auprès du président français pour coordonner les actions des ministères concernés et les guider autour d’une vision plus claire ;
  • l’Organisation internationale de la francophonie aura les moyens d’étendre ses actions innovantes en matière culturelle ;
  • sous l’impulsion de la France, une Agence mondiale de la traduction aura été créée, pour faire connaître à l’extérieur nos réalisations et celles des autres à notre pays, à travers un développement plurilingue qui éveille à l’accueil de l’autre et enrichisse notre propre culture.

Où en sera l’égalité homme-femme en 2050 ? A la fois dans le monde du travail, mais aussi légalement (congé parental, par exemple)

Un système de bonus-malus dans les entreprises sera établi pour favoriser l’égalité de salaire homme-femme. Toute forme de publicité sexiste aura été supprimée. Après le congé de maternité, les parents devront se partager à part égale 8 semaines de congé d’accueil de l’enfant.

Mais au delà de ce cadre juridique, mon programme culturel aura suscité l’éveil d’une culture humaniste et de la découverte, à l’école, dans les MJC, les conservatoires et les autres organismes culturels mais aussi à travers les contenus diffusés sur les chaîne TV publics, et sur internet. Dans cet état d’esprit nouveau, les individus tendront à être considérés en fonction de leurs qualités en tant qu’êtres humains, plutôt qu’en fonction de leurs apparence et attributs physiques. Les relations entre les hommes et les femmes seront ainsi améliorées avec l’impulsion d’une culture de la vie et de la découverte pour tous.

A quoi ressemblera l’exploration spatiale d’ici 2050 et quelle sera la place de la France dans cette grande aventure humaine ?

Les Occidentaux auront définitivement surmonté leur "moment Sputnik" de 2025 lorsque l’Inde et la Chine avaient envoyé des missions d’abord robotiques puis habitées sur la Lune pour y construire des centres industriels et préparer des missions similaires vers Mars et au-delà. Mes campagnes avant-gardistes de 2012 et 2017 auront fini par inspirer la France, qui a insisté pour que le projet de "village lunaire" défendu par l’Agence Spatiale Européenne dès 2016, se concrétise et permette à une multitude de pays d’éviter des conflits sur Terre. En tant que partenaires, des pays auparavant entraînés dans des conflits géopolitiques sans fin, auront pu se retrouver pour relever les grands défis posées à l’humanité : enlever les débris spatiaux, maîtriser l’eau, comprendre l’impact des activités solaires sur le climat terrestre, se protéger des astéroïdes et surtout exploiter l’hélium-3, une ressource très rare sur Terre mais abondante sur la Lune, et le combustible idéal des réacteurs et des moteurs employant la fusion thermonucléaire contrôlée. Une fois de plus, c’est cette révolution dans les modes de propulsion qui aura permis de changer la donne et de rendre possible ce que la plupart considéraient jusque là comme une simple vision de l’esprit.

Pensez-vous que les voitures autonomes seront partout et, si oui, quels sont les dangers et les pièges qu’il faudra éviter ?

Elles seront partout, mais surtout en zone rurale, car en ville les transports en commun seront devenus très performants. Le fait d’avoir fait du numérique un service public et la création d’une Agence européenne du numérique aura permis à tous les citoyens de disposer de la 10G. Du coup, le transport des marchandises sera entièrement automatisé. Ce qui est rassurant, c’est que la sécurité et la protection des données personnelles seront pris en compte, car les géants privés du numérique, ceux que l’on appelait "GAFA" en 2017, auront été dépassés par le développement du monde de l’open-source et des Etats qui auront retrouvé leurs capacités économiques et leur crédibilité pour défendre le bien commun.

Une grande partie des transports robotisés sera effectuée dans des voies souterraines -un vieux rêve de Léonard de Vinci- laissant la surface terrestre à l’agriculture, l’habitation, les forêts et les loisirs. L’homme ayant renoncé à ses excès égotiques, les voitures seront devenues de simples outils de travail et non le symbole d’appartenance à une classe.

On parle beaucoup de robotisation, d’intelligence artificielle ? Quel impact vont avoir ces technologies dans le futur et quelles solutions les hommes politiques pourraient-ils mettre en place d’ici 2050 ? Pensez-vous qu’une intelligence artificielle générale, indécelable intellectuellement d’un humain, est envisageable ?

Selon les pays, 10 à 40% du travail répétitif aura été éliminé. Dans un premier temps, les humains avaient cru bêtement que l’usine du futur se réduisait à des robots, un homme et un chien. Le chien était chargé d’empêcher l’homme de toucher aux robots et l’homme chargé de nourrir le chien...

Mais après une vague de luddisme et de renouveau canut qui craignait la "fin du travail", une prise de conscience généralisée aura permis la généralisation de la robotique collaborative, c’est-à-dire des robots, notamment des exosquelettes, venant soulager l’homme dans l’accomplissement des taches difficiles, répétitives et donc pénibles. Les plombiers n’arriveront plus à 40 ans avec les mains cassées à force de visser et dévisser des tuyaux ! Grâce à cette cobotique, un grand nombre d’handicapés aura pu se réinsérer pleinement dans la société.

L’augmentation de la productivité aura permis de réduire massivement le temps de travail et de libérer l’homme pour des travaux qu’aucune intelligence artificielle ne pourra accomplir dans la science, la recherche, la formation, la culture, la composition artistique et le relationnel. Pour relever ce défi, chaque citoyen passera désormais la moitié de son temps dans l’enseignement et la formation continue.

Les récents progrès en génétique laissent présager des possibilités incroyables et parfois effrayantes de modifications du génome humain. Quels seront les défis éthiques de la santé de 2050 ?

Bien que collectivement l’homme forme une seule espèce, chaque individu porte en lui le potentiel d’autres expressions de la même espèce. En 2050, grâce aux nouvelles générations de biotechnologies (NBT), mise à l’abri des cartels financiers, agro-alimentaires et pharmaceutiques, aussi bien la famine que bon nombre d’épidémies sur terre seront éradiquées. Le bannissement de l’ultra-violence dans les jeux vidéos, et le travail en commun entre les grandes civilisations auront fait naître un tel respect pour chacun qu’une vision éthique de la science pourra voir le jour.

En dehors du corps humains, ces technologies pourraient permettre de modifier des espèces, voire d’en faire revivre des éteintes. Qu’en pensez-vous ?

La joie du vouloir vivre en commun résultant des réformes économiques et monétaires auront permis à l’homme de concentrer la recherche fondamentale sur les grands enjeux et de réduire substantiellement les caprices et les tentations de faire de la science un outil de domination et de divertissement stérile.

A quoi pourrait ressembler l’Europe en 2050 ? Quelle sera la place de l’UE et de chaque pays, et plus particulièrement de la France ?

L’Europe sera pleinement intégrée aux Nouvelles routes de la Soie. Muni d’un nouveau drapeau, l’UE avait cessé d’exister en 2017 et une nouvelle Europe avait vu le jour autour de 8 à 9 pays qui allaient montrer l’exemple en matière de coopération contre les paradis fiscaux, d’harmonisation sociale et fiscale et d’échange culturel.

Un véritable Forum européen de la culture impliquera les intellectuels européens dans une culture de la découverte et de respect du peuple, correspondant aux vraies valeurs européennes et non aux pratiques anti-démocratiques de l’ancienne Union européenne. Ce Forum sera une véritable institution permanente, et non un simple lieu de réunion se tenant tous les deux ans, comme celui qui était organisé par la Commission européenne sans réel objectif ni vision.

Les nouveaux outils technologiques permettront-ils de résoudre la crise de confiance que traversent les démocraties occidentales ?

En soi, non, car ce ne sont que des outils, bien qu’ils puissent beaucoup aider. Ce qui créé la confiance, c’est l’affirmation renouvelée d’un vouloir vivre en commun et la volonté de s’en donner les moyens, aussi bien en Europe qu’ailleurs dans le monde.


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