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G20 et darwinisme social

lundi 2 mars 2009

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Le triomphe de Darwin est clair au sein de notre caste politique : elle s’adapte à l’environnement. Les uns, comme Jean-Marie Colombani ou Claude Guéant, affirment que la crise n’était pas prévisible. Les autres prétendent qu’ils l’avaient eux-mêmes prévue ou qu’ils savent bien qui était parvenu à le faire : Jacques Sapir, René Passet, Neil Roubini, Lester Thurow, Jeremy Rifkin, Robert Reich, Joseph Stiglitz et pourquoi pas Sa Sainteté le pape ou Jean-Marie Le Pen ? Eh bien, justement : voilà Le Pen affirmant urbi et orbi avoir annoncé dès le 24 juin 2008 « l’imminence d’un effondrement mondial progressif du système bancaire, financier, économique, social qui remettrait en cause l’ordre monétaire établi ».

Il est heureux que le ridicule ne tue jamais, même si on le craint beaucoup. Car non seulement personne ne mentionne Lyndon LaRouche ou moi-même, dont tout le monde sait que nous avons un droit d’antériorité absolu dans l’affaire, mais surtout personne ne propose une porte de sortie digne de ce nom.

Les uns, à la suite des experts d’outre-Manche et d’outre-Atlantique, proposent de stimuler la demande et de recapitaliser le système financier suivant une approche commune, en renonçant au protectionnisme, en établissant un système d’assurance global et en octroyant beaucoup plus de ressources au Fonds monétaire international. Il semble bien que le G20, qui réunira à Londres les principaux pays du monde, se dirige dans cette voie, qui est celle du désastre. En effet, il s’agirait alors, tout en ne régulant rien sérieusement, de renflouer à tout va les établissements financiers qui portent la responsabilité de la crise, les Etats avalant leurs effets toxiques sous la houlette du FMI.

L’on crée ainsi les conditions d’une hyperinflation ruinant les Etats, les économies, le pouvoir d’achat des ménages et toute culture fondée sur le développement mutuel. Dans ce contexte, la nationalisation des banques et la « gouvernance mondiale » deviennent des armes pour prétendre sauver le système monétariste existant, avec des holding bancaires privés-publics semblables à ceux de l’Italie mussolinienne. Ceux qui crient « Europe, Europe, Europe » ou « FMI, FMI, FMI », sans comprendre que le gendarme est l’ami du voleur, creusent leur propre tombe.

Alors Zorro-Le Pen arrive, récitant une mantra dirigiste après avoir été l’apôtre incontesté du national-libéralisme. Il appelle à une sortie du FMI, à la réintroduction négociée des devises nationales et « à du crédit productif pour le travail humain et l’investissement à long terme ». Le pompeur inspiré ne comprend d’ailleurs pas que le crédit productif public serait le levier d’une politique de grands travaux, et propose un « emprunt Lagarde à hauteur de 150Mds » parfaitement inconcevable. Pourquoi nous attarder ainsi sur un homme sans doute utilisé pour déconsidérer ce qu’il profère, en lui donnant les couleurs d’un chauvinisme stérile puisqu’il prétend « réserver exclusivement aux Français » les prestations sociales ? Justement, parce que les autres ne font rien. Nicolas Sarkozy s’agite, Martine Aubry n’exerce pas son rôle de contre-pouvoir et François Bayrou croit encore aux marchands du temple européen.

Dans ses conditions, dans l’intérêt de la France, il reste à se mobiliser pour les idées que nous défendons ici, sans en rester à s’informer sur Internet.


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