La France avec les yeux du futur
Archives

Intervention de Jacques Cheminade lors de la conférence internet sur l’Ukraine

samedi 1er mars 2014

Partagez l'article

Voici la transcription des deux interventions de Jacques Cheminade lors de la conférence internet sur l’Ukraine avec Natalia Vitrenko, présidente du Parti socialiste progressiste d’Ukraine, le 24 février dernier à Paris.


Introduction de Jacques Cheminade

Bonsoir à tous. En ce moment tragique de l’histoire, nous sommes heureux d’accueillir parmi nous la délégation ukrainienne, présidée par Natalia Vitrenko, présidente du Parti socialiste progressiste d’Ukraine. Elle se bat pour une véritable indépendance et une véritable justice sociale en Ukraine, une Ukraine qui est bafouée, appauvrie et détruite depuis une trentaine d’années.

Aujourd’hui, on assiste à une opération que l’on peut qualifier d’occidentale, mais qui est en fait celle de services américains, anglais et de leurs complices dans d’autres pays, pour déstabiliser l’Ukraine dans une manœuvre visant à en faire un détonateur vis-à-vis de la Russie, d’une part, et d’autre part, à s’emparer de l’espace que Halford MacKinder et tous les Britanniques nommaient l’« île centrale », en vue de ce que Zbigniew Brzezinski appelait « le reflux » de la Russie.

Nous avons, d’une part, cette offensive lancée par cette agrégation de puissances occidentales, dont certaines factions aux Etats-Unis et en Angleterre sont prêtes à aller jusqu’au seuil d’une guerre thermonucléaire, et d’autre part, une résistance de la Russie qui, elle aussi, peut montrer ses dents nucléaires et thermonucléaires. C’est une situation extrêmement grave. Natalia elle-même se bat depuis plus de vingt ans pour éviter que cette crise ne se produise. Maintenant, nous y sommes.

Ayant été attaquée de toutes parts, Natalia Vitrenko représente aujourd’hui l’esprit d’indépendance de son pays, qui doit rejoindre celui du nôtre.

Avec elle, auprès d’elle, une délégation de personnes parmi lesquelles Valeri Alexandrovich Sergachov, le président du Parti des slaves orientaux – ce qu’on appelle là-bas le Parti Rus de Kiev. C’est un mouvement d’origine ruthène, mais qui va beaucoup plus loin : il est pour une Ukraine unie et contre une partition pour des raisons ethniques, communautaires ou autres.

Il y a aussi Vladimir Romanovitch Marchenko, le président de la Confédération ukrainienne du travail, qui se bat depuis très longtemps sur le front de l’indépendance et de la liberté de son pays.

Natalia a été deux fois députée. Son ami, qui se bat avec elle, l’a été lui-même plusieurs fois. Ce sont donc des gens qui ont été aux affaires, qui connaissent très bien la vie politique ukrainienne et qui sont sur le front de la bataille depuis très longtemps. Elle-même a été candidate à la présidence : la première fois, elle a obtenu 11 % des voix, la deuxième, seulement 1,5 % mais elle était combattue de toutes parts, et la dernière fois, elle n’a pas pu réunir les 100 000 euros exigés comme « droit d’entrée ».

Dans ce pays en proie aux oligarques qui évaluent les choses par milliards,
100 000 euros, ça ne paraît rien. Le fait qu’elle n’ait pu les rassembler, c’est le reflet de l’indépendance, c’est le reflet, je dirais, de l’honnêteté qu’elle représente. Je lui laisse la parole.


Jacques Cheminade, en réponse à une question

Si l’on veut comprendre la situation, la première chose à considérer, c’est que le système de l’oligarchie anglo-américaine atteint sa phase finale ; il ne peut plus donner d’avenir au monde. D’où l’utilisation de l’Ukraine comme détonateur contre l’Eurasie, parce que c’est la zone qui reste à piller. Pas seulement contre la Russie, d’ailleurs, mais aussi contre la Chine. C’est la première chose à voir.

La deuxième, et c’est pour cela qu’on utilise l’Ukraine comme un détonateur, c’est que la vraie politique qui gêne, c’est celle de Poutine, pas la sienne proprement dite, mais celle qu’il a adoptée de notre ami Sergueï Glaziev. Il s’agit d’une politique de dés-offshorisation, c’est-à-dire rapatrier l’argent que les oligarques ukrainiens et russes ont mis à l’abri dans les paradis fiscaux, pour le ramener sous le contrôle national – dans un cas, il s’agit de la Russie, dans un autre, de la Chine.

Faire cela est intolérable pour cette oligarchie, parce que cela assèche sa source de pillage. Pour preuve, cette attaque contre Glaziev dans la New York Review of Books, qui dit que cet homme promeut l’Eurasie, c’est une Eurasie raciste, c’est quelque chose d’épouvantable, on ne peut pas tolérer cela, la liberté est en Ukraine, la liberté c’est Maidan, etc. ; à un petit détail près, très intéressant, c’est que Timothy Snyder, l’auteur de l’article, – qui est une figure, disons, habituelle, une marionnette, une plume de l’oligarchie anglo-américaine – met directement en cause Lyndon LaRouche, en affirmant que c’est lui qui a fait publier aux Etats-Unis le livre de Glaziev, selon lequel la Russie a été victime d’un génocide financier, économique et humain sous Eltsine.

Et voilà qu’en France, notre glorieux quotidien national, Le Monde, publie une page entière avec le texte de Timothy Snyder et, en commentaire, l’attaque contre Glaziev. Mais le nom de LaRouche est effacé, parce que ni lui ni moi, nous n’existons. Donc, cet individu qui est en train de vous parler est quelqu’un qui n’existe pas, selon l’oligarchie française. Voilà ce que je voulais vous dire.


...suivez Jacques Cheminade sur les réseaux sociaux :

Prenez contact !