La France avec les yeux du futur
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La France de demain

L’éducation, une nouvelle frontière pour la France

On peut alors adopter dans leur exposition [des découvertes scientifiques] deux méthodes différentes ; l’une consiste à énoncer la loi et à la démontrer promptement dans son expression sans s’inquiéter de la manière dont elle s’est fait jour ; l’autre, plus historique, rappelle les efforts individuels des principaux inventeurs, adopte de préférence les termes même dont ils se sont servis, indique leurs procédés toujours simples, et essaie de reporter par la pensée l’auditeur à l’époque où la découverte a eu lieu. La première méthode voit avant tout le fait, la loi, son utilité pratique. Elle masque aux yeux des jeunes gens la marche lente et progressive de l’esprit humain. Elle les habitue aux révolutions subites de la pensée et à une admiration sans vérité de certains hommes et de certains actes. La seconde méthode illumine l’intelligence. Elle l’élargit, la cultive, la rend apte à reproduire par elle-même, la façonne à la manière des inventeurs.

(Louis Pasteur, Rapport sur l’utilité de la méthode historique dans l’enseignement)

 
 

Quatre chiffres désastreux pour prendre conscience de l’ampleur de la crise et concevoir le projet pour en sortir :

  • 25 à 30 % des élèves arrivent en sixième sans les compétences nécessaires en lecture, en écriture et en capacité de jugement ;
  • 150 000 décrochent avant le baccalauréat ;
  • 50 % échouent lors de leur première année à l’université ;
  • les grandes écoles ont toutes un taux inférieur à 5 % d’élèves ne provenant pas des milieux privilégiés, dont elles sont la chasse gardée.

I. Ce qui nous différencie : libérer les capacités créatrices

Il faudra bien un jour savoir ce que nous voulons pour nos enfants et il faudra bien, un jour, savoir ce que nous voulons pour la France car les deux sont indissolublement liés.

25 à 30 % des élèves arrivent en sixième sans les compétences nécessaires en lecture, en écriture et en capacité de jugement.

La France s’est toujours distinguée non tant par une quelconque puissance, ou une étendue territoriale, mais par sa contribution millénaire à l’histoire du monde au travers de ce qu’on a appelé, faute de mieux, l’exception française. Or, celle-ci est, depuis plusieurs décennies, l’objet d’une déconstruction patiente qui s’attaque maintenant à l’école, c’est-à-dire à ce que seront le peuple de demain et ses futurs dirigeants.

Indépendamment des réserves que l’on peut avoir sur la finalité des tests internationaux PISA et TIMSS, les résultats plus que médiocres des élèves français indiquent qu’il est temps de changer de cap. Mais pour aller où ? Faut-il se contenter, pour arrêter la casse, de revenir à la conception conservatrice que prônent certains, ou en profiter pour s’attaquer aux points faibles de notre école (et aux défis nouveaux qu’elle doit confronter), avant qu’ils ne soient davantage instrumentalisés par ceux qui veulent en finir avec l’exception française ? Aujourd’hui déjà et faute d’une vision d’avenir, on place le devenir personnel avant celui du collectif.

A l’opposé, les puissances asiatiques ont fait de l’enseignement un enjeu stratégique en optant pour une éducation d’excellence. Si leur système est excessif (jusqu’à 14 heures de cours par jour, si l’on inclut les cours particuliers auxquels la plupart des parents inscrivent leurs enfants), entraînant parfois le suicide d’élèves, il forme des centaines de milliers de jeunes adultes que s’arrachent les grandes universités américaines, et feront de l’Asie de demain le pôle dominant du monde.

L’enseignement en France a certes lui aussi été conçu comme un système d’excellence, mais où l’on a considéré, non sans arrière-pensées, qu’il devait y avoir d’un côté « les bons » destinés à rejoindre l’élite et de l’autre les laissés pour compte. Or, les élites ont trahi ; ceux qui avaient eu l’éducation d’excellence puis la carrière qu’ils escomptaient ont fermé la porte derrière eux avant de donner le feu vert à la destruction de l’enseignement. Aux laissés pour compte, ceux dont les parents ne pourront jamais payer une école privée, on propose désormais une éducation de « l’élève acteur de sa propre vie », « construisant ses propres savoirs ». Derrière cette périphrase se cache en réalité une rétention des connaissances. Celles-ci, nous dit-on, relèveraient d’un rapport de domination entre celui qui sait et celui qui ne sait pas !

Une conception orwellienne d'une école où l'ordinateur se substitue à l'enseignant, réduit au rôle de « facilitateur » entre élève et ordinateur.

Une fois que cette imposture, confortable pour celui qui sait déjà, se trouve décrétée et acceptée, il devient logique que l’ordinateur, dans sa « bienveillante » neutralité, apparaisse comme la solution, se trouvant alors investi de l’autorité de la connaissance dont on a dépouillé les enseignants. On prétendait combattre un rapport de domination, et voici nos élèves sous la coupe d’un autre, celui des géants américains de l’informatique : concevant la machine, ses programmes et ses logiciels, les GAFA et autres multinationales vont pouvoir librement dicter la règle du jeu à nos enfants.

Cette conception orwellienne d’une école où l’ordinateur se substitue à l’enseignant et l’enseignant se réduit au rôle de « facilitateur » entre élève et ordinateur, a suffisamment impacté les esprits pour qu’un représentant de l’Education nationale demande : « Est-il encore utile d’enseigner aux enfants des tonnes de choses que l’on peut trouver sur internet ? »

Il convient donc de rappeler que l’information n’est pas la connaissance. Celle-ci, associée au plus haut sentiment qu’un être humain puisse connaître, à savoir celui né de la découverte d’un principe nouveau, est indispensable au développement de l’enfant (comme le soulignait le pédagogue Johann Friedrich Herbart, c’est des idées que viennent les sentiments). Surtout elle ne peut être transmise que dans la relation vivante qui lie l’esprit de l’élève à celui du maître.

C’est ce lien qu’il faut renforcer, à l’inverse de ce que promeut officiellement l’appareil de l’éducation nationale, mais à l’image de nombre d’expériences pédagogiques très intéressantes dont la réussite se caractérise par la force et la qualité de l’investissement des enseignants, indépendamment du projet qui est mené.

La connaissance ne peut être transmise que dans la relation vivante qui lie l’esprit de l’élève à celui du maître.

L’investissement de l’enseignant est clef et la pédagogie doit être revue à l’aune de la relation enseignant-élève. Le tutorat et l’enseignement mutuel s’inscrivent dans cette conception en mettant les élèves les plus avancés en situation de responsabilité vis-à-vis de plus petits qu’eux. Il faut également en finir avec l’enseignant isolé dans son coin et créer les conditions où une authentique collaboration puisse se développer entre enseignants.

La population doit être instruite, bénéficier d’une éducation la tirant vers le haut qui lui permette de comprendre les choix collectifs et de peser sur eux. Contrairement à une vision inavouée mais que les choix officiels trahissent, l’idée qu’il pourrait y avoir les élites d’un côté et des ilotes de l’autre, pour qui l’on adapte la communication du savoir, est aussi stupide que contraire à tout ce qui fonde ce pays et nous condamne à un inéluctable et rapide effondrement.

L'idée qu'il pourrait y avoir les élites d'un côté et des ilotes de l'autre.

Enfin, si nous n’apprenons rien aux enfants, si nous ne leur transmettons aucun savoir – en prétendant « qu’ils pourront construire leurs propres savoirs » – alors ne soyons pas surpris lorsque, une fois adultes, ils nous reprocheront de les avoir dépouillés de connaissances leur revenant de droit, eux qui, étant destinés à faire les bons choix dans un futur proche, doivent être instruits des expériences, bonnes ou mauvaises, de ceux qui les ont précédés. C’est en rendant palpable notre volonté de bâtir l’avenir que nous les y préparerons le plus efficacement. L’école est le lieu où s’acquiert un regard sur le monde, éclairé par la culture littéraire, artistique, scientifique et historique, loin de l’univers puéril, capricieux et trompeur dans lequel baigne la société des écrans.

II. Revoir la copie

Le consensus et l’unité qui a pu exister autrefois envers l’école est aujourd’hui bien mal en point. L’école a du mal à rester elle-même sous la pression de la société et dans un contexte où on la charge de résoudre des problèmes qu’elle n’a pas vocation à assumer.

Les élèves

Ils sont plus que jamais exposés aux tensions de la société. Nombre d’entre eux vivent dans un environnement fragilisé (monoparentalité, maladie, chômage, précarité, délinquance, écrans, jeux vidéo violents, culture partout accessible du sexe et de la mort, etc.)

Or, la frontière qui existait entre la société et l’école s’est progressivement effacée. Les soixante-huitards ont affirmé qu’il fallait ouvrir l’école. D’autres prétendent que la violence étant dans la société, il est finalement bien normal, ou du moins inévitable, qu’elle se retrouve à l’école.

Nous pensons au contraire que l’école, primaire surtout, doit demeurer un lieu à part, où les enfants, et c’est particulièrement important pour ceux des familles en difficulté, trouvent un répit, où ils puissent se concentrer, se stabiliser et trouver une joie de vivre et d’apprendre ensemble.

C’est dans ce contexte qu’il faut également repenser l’architecture de l’école. Non seulement les écoles méritent d’être belles, mais il faut que les bâtiments soient accueillants et en finir avec ce véritable outrage que sont des locaux délabrés, comme à Marseille, ou sans chauffage, comme à Maubeuge. Les salles de classes, en particulier dans le primaire, doivent être chaleureuses (ce que les professeurs des écoles s’efforcent d’assurer, mais trop souvent avec les moyens du bord) et les élèves encouragés à y participer, comme à leur entretien. Ils doivent se sentir « chez eux ». Chaque classe d’élèves devraient avoir « sa » salle de classe, en étant responsable de son entretien et de son décor, et non, comme c’est aujourd’hui le cas à partir de la sixième, passer d’une salle de classe à une autre pour rejoindre les enseignants là où ils se trouvent.

Tout établissement scolaire nouveau doit intégrer certaines salles dédiées : un peu comme existe déjà la salle de sport, il faudra prévoir une salle de musique insonorisée équipée d’un piano, un atelier polyvalent destiné aux disciplines manuelles au collège (par exemple : menuiserie, mécanique, électronique) et des bureaux permettant aux enseignants de recevoir les parents. Les lycées devront être pourvus d’un auditorium.

En outre, ces nouveaux établissements scolaires devront être bâtis dans des lieux permettant d’avoir une surface appréciable d’espace vert. On peut envisager d’en réserver une parcelle pour créer un petit potager et faire pousser quelques arbres fruitiers, ce qui serait particulièrement important pour les enfants en milieu urbain. Une activité sociale dans la nature est la meilleure invitation à la respecter, sans l’abandonner à elle-même ni la violer.

Il faudra d’autre part mettre en place un jumelage et des échanges entre écoles urbaines et rurales, afin de faire tomber le mur qui s’est progressivement érigé entre les grandes villes et les milieux ruraux.

Les parents

La dégradation continue de l’école publique et l’aveuglement de l’Education nationale sur l’échec de ses méthodes pédagogiques dites novatrices, ont contribué à détruire la confiance envers l’institution et à générer des crispations entre parents et enseignants, pouvant aller jusqu’à la menace et l’agression.

Notre projet vise à faire cesser la multiplication des stratégies d’évitement des écoles publiques par les parents et le recours grandissant aux cours de rattrapage, qui renforcent d’autant les inégalités entre ceux qui peuvent payer et ceux qui ne le peuvent pas. Rappelons que les cours particuliers étant défiscalisés à 50 %, les contribuables payent deux fois : une fois pour un enseignement déficient et inégalitaire, une deuxième fois pour la réussite des enfants des familles ayant de bons revenus…

Pour beaucoup, la confiance envers l’école et les institutions a tout simplement disparu, sentiment que renforcent, entre autres, l’incapacité de l’administration à gérer les remplacements des professeurs ou l’état pitoyable des toilettes dans les écoles primaires… Dans ce contexte, les plus de 50 000 enfants scolarisés hors écoles sous contrat – dont 25 000 suivent une scolarité à domicile assurée par leurs parents, souvent eux-mêmes enseignants – représentent un signal d’alarme à prendre très au sérieux.

MES PROPOSITIONS

Établir ce qui relève de la responsabilité des parents et de celle de l'école.

Trop de parents ont des attentes d’autant plus excessives vis-à-vis de l’école qu’ils se déchargent sur elle de leur propre responsabilité de parent et d’adulte.

Systématiser les journées portes ouvertes à l'école,

comme le font déjà certains établissements.

Assurer la présentation régulière aux parents,

par l’équipe pédagogique, de ce que sera l’année scolaire, ainsi que les programmes et la pédagogie appliquée. Les parents doivent pouvoir être en mesure de suivre ce que font leurs enfants. S’il y a des réticences ou des critiques par rapport aux programmes ou la pédagogie, c’est là, en amont, qu’elles doivent se faire entendre.

Créer une école des parents,

surtout pour ceux qui ne sont pas, ou peu, intégrés. Celle-ci permettrait notamment l’alphabétisation des parents et leur apprentissage du français s’ils ne le maîtrisent pas. Elle devrait permettre aux parents d’origine étrangère de pouvoir se familiariser avec la culture française (cette intégration est pour moi un moyen de rendre opérationnel le droit de vote de tous les étrangers aux élections locales).

Les enseignants

La qualité d’un système éducatif repose d’abord sur la qualité de l’enseignant et le respect de la société envers celui-ci. Il faut donc des signes clairs en ce sens, tout particulièrement si l’on veut enrayer la crise des vocations, du recrutement et les démissions. Le scandale du recrutement d’enseignants ayant obtenu une moyenne de six sur 20 (comme à l’académie de Créteil) doit appartenir à un passé révolu.

MES PROPOSITIONS

Revalorisation de 20 % sur deux ans du salaire des enseignants, avec une prime à déterminer selon les difficultés,

pour ceux travaillant dans les établissements prioritaires.

Une vraie formation pour les enseignants débutants et, surtout, un accompagnement pendant leurs deux premières années face à une classe.

Multiplier, pour que la première année d’enseignement ne soit pas un saut dans l’inconnu, les occasions de découverte du milieu scolaire et de la pratique enseignante durant les années précédant le concours, notamment par la pratique (encadrement des heures d’études que je préconise, tutorat, etc.) – via un partenariat renforcé entre universités et établissements scolaires de premier et second degré.

Trois ans d’enseignement doivent avoir été effectués avant l’affectation dans des établissements difficiles.

Un système spécifique de formation continue et de tutorat entre enseignants doit être institué dans ces établissements, ainsi que le renforcement des équipes pédagogiques par des éducateurs.

Favoriser l'avancement des enseignants travaillant dans des établissements difficiles.
Formation continue pour tous, tant dans la matière enseignée que dans la méthode pédagogique.
Possibilité d'effectuer un stage d'un an en entreprise ou dans un autre type de structure professionnelle,

pour les enseignants n’ayant jamais connu d’autre environnement que l’école.

Dans cette démarche, donner un sens de leur mission aux Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation,

en les immergeant dans les pratiques professionnelles réussies et en s’inspirant des comportements pédagogiques qui s’avèrent pertinents. En clair, cela signifie ne plus confier les décisions essentielles sur la formation à des universitaires qui n’ont pas les clés de l’enseignement en maternelle, en primaire et dans les filières professionnelles.

Aménager les moyens de la collaboration entre enseignants.

Sur ce dernier point, l’exemple donné par Andreas Schleicher peut nourrir une réflexion :

« En Chine, les professeurs n’enseignent que onze heures par semaine et, le reste du temps, ils reçoivent les parents ou les élèves individuellement, assistent aux cours d’autres professeurs, prennent le temps d’élaborer une culture collaborative de l’éducation, s’occupent de projets innovants qui vont faire leur renommée et accélérer leur carrière. »

Les enseignants doivent être impliqués, et pas simplement consultés, sur les réformes. Il n’est pas sain que ce soient des fonctionnaires sans contact avec la réalité de terrain qui décident du contenu des réformes et des programmes.

Les institutions

L’éducation est officiellement placée sous l’autorité de son ministère de tutelle et du gouvernement. Mais c’est oublier le rôle d’autres institutions moins connues comme l’OCDE et divers groupes de pression, dont le lobby des grandes entreprises.

C’est dans ce contexte que la loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’Ecole, du 23 avril 2005, a institué un socle commun des connaissances et de compétences (transformé en 2013 en socle commun de connaissances, de compétences et de culture) où le terme « compétence » est tout sauf innocent.

Une compétence n’a en effet que peu de lien avec le savoir. Le savoir est vivant. La compétence n’est qu’un petit segment extrait de celui-ci en vue d’être opérationnel. Elle peut donc être processée, évaluée et monnayée en fonction d’une valeur que le marché du travail lui attribue. Elle relève de l’action opérationnelle dans le monde ce qui en fait, par excellence, le fondement du travail rémunéré.

Réduire savoir et connaissance aux connaissances (tout étant dans le pluriel) et aux compétences constituait l’étape indispensable pour transformer l’éducation en service marchand. Le « livret personnel des compétences », mis en place par la loi d’orientation, dresse un profil utilitariste de l’élève dans un format étrangement compatible avec celui des carnets professionnels de compétences déjà en usage dans certains métiers (par exemple le BTP).

L’enfant, ainsi voué à devenir un futur opérateur corvéable à merci par des employeurs eux-mêmes soumis aux impératifs du profit financier, se trouve privé de ce qui fait de lui un véritable être humain créateur, à savoir des moyens de découvrir et d’agir sur les causes et donc de remettre en question une société quand elle devient injuste. A cet égard, la réforme du collège menée tambour battant pour être mise en place à la rentrée 2016 et la refonte sans précédent de tous les programmes en même temps, après une vague consultation, n’ont fait que confirmer que l’éducation vit bien une contre-révolution « en douceur ».

D’ailleurs, la quasi disparition de l’enseignement du grec et du latin et le changement du statut des classes bilangues qui ont accompagné ces réformes, s’inscrivent dans la volonté à peine voilée de créer des opérateurs dont on estime qu’ils n’ont pas besoin de penser, contrairement aux élites qui pourront se payer l’accès à ces enseignements. Je suis en revanche convaincu qu’un plombier, un maçon ou un coursier sera plus compétent dans son activité et mieux capable d’en suivre les transformations si, au-delà de sa profession, un accès lui est donné au meilleur de la culture humaine et aux moyens de mettre clairement en mots sa pensée pour combattre les allégations sans fondement et participer à la décision politique sur l’avenir de notre société.

III. Propositions pour un « état d’urgence de l’éducation »

L’éducation telle que je la conçois se déclinera autour des axes suivants : transmission de la connaissance ; suivi attentif des élèves et collaboration entre enseignants, éveil de la curiosité et des capacités créatrices, développement de la confiance en soi et du caractère et, enfin, éducation des émotions. Car si l’intelligible n’est pas nourri par le sensible, si le savoir ne puise pas à la source de l’art et de l’enthousiasme de la découverte, il s’assèche et devient inéluctablement dogme et instrument de pouvoir. L’approche pédagogique s’articulera autour de la relation enseignant-élève, le recours à l’enseignement mutuel et personnalisé (accompagnement, conseil, tutorat) privilégiant le « cousu main ». La méthode globale sera définitivement abandonnée. Pas de classes de plus de vingt-cinq élèves, voire de quinze à vingt pour les situations difficiles, et un réel bilan sur les acquis en français et en mathématiques en fin de CP et en fin de CM2, pour organiser un rattrapage collectif et faire cesser ainsi la fuite en avant et l’hémorragie du décrochage et de l’illettrisme. Les enfants en difficulté doivent être repérés dès la maternelle et le primaire en vue d’une attention humaine à donner, en leur fournissant très tôt une pédagogie adaptée à leurs problèmes et à leurs besoins, afin qu’ils rattrapent en quelques mois le niveau attendu pour leur classe.

Enfin, à l’heure où les communes rurales paient, économiquement et humainement, un tribut insupportable à la réforme territoriale, je me battrai contre la désertification scolaire qui les touche de plein fouet, entre autres du fait des suppressions de postes. Une école, ce n’est pas un bilan comptable, c’est un investissement productif pour le futur, c’est aussi une invitation aux jeunes familles à venir s’installer dans des villages avec l’assurance d’y trouver une école pour leurs enfants.

L’école maternelle

Pour avancer dans la conscience de soi et la maîtrise du langage par les tout-petits, les enfants ont besoin d’un adulte qui leur fasse découvrir progressivement ce qu’est la parole et les mots pour communiquer leurs idées. Aujourd’hui, ce n’est pas possible avec un enseignant condamné à parer au plus pressé, face à une trentaine de très jeunes enfants réunis dans une salle d’une soixantaine de mètres carrés, et arrivant à l’âge de trois ans avec des acquis inégaux.

Les enseignants, qui font de leur mieux avec les moyens dont ils disposent, ne sont pas en cause. C’est aux responsables de l’Education nationale de procurer des locaux d’enseignement appropriés et de former des femmes et des hommes capables d’accompagner les tout-petits dans leur développement.

Je proposerais de généraliser, tout en les adaptant au contexte de l’école pour tous, les fruits de certains travaux ayant fait leurs preuves, tels que l’atelier philosophique mené à l’école maternelle Jacques Prévert du Mée-sur-Seine et celui, inspiré de la technique Montessori, mené par Céline Alvarez à Gennevilliers. Apprendre à réfléchir, à s’interroger et à mettre des mots sur des sujets exigeants est un pas important vers la confiance en soi et l’ouverture à l’autre. Les tout-petits ne peuvent le faire en écoutant les autres enfants de deux ou trois ans ; ils doivent être guidés vers les activités et les mots pour les dire par des enseignants pourvus de moyens pour le faire. De même, l’approche privilégiant le lien entre sensible et intellect pour apprendre à lire et compter, tout en respectant le rythme de l’enfant et son appétit de connaître, permet de décupler ses progrès.

Beaucoup de discours sur l’école resteront inutiles faute de procurer à tous, dès le début, un espace éducatif créateur.

L’école primaire

Le CP doit assurer une base solide pour les enfants, à commencer par les matières qui conditionnent les apprentissages complémentaires et ultérieurs : français, arithmétique, musique.

Français (lecture, écriture, grammaire, poésie)

Jusqu’en 1969, les élèves du CP avaient 15 heures hebdomadaires de français contre sept heures et demie en 2016, soit l’exacte moitié. Il faut revenir à un minimum de 13 heures et demie hebdomadaires (mais préférablement 15 heures), compte tenu de l’introduction d’une initiation à une langue vivante en CP. C’est à ce prix que l’on pourra réduire les inégalités de départ entre les enfants de familles favorisées qui ont déjà à leur disposition un vocabulaire riche et ceux des familles défavorisées ne connaissant que 200 à 300 mots. C’est là et en maternelle que les retards se prennent et c’est là que doivent être mis les efforts car, comme cela a été amplement démontré, le langage structure la pensée et permet aux émotions de s’exprimer en favorisant le développement de la personnalité.

On mettra progressivement l’accent sur l’expression écrite (écriture, lecture, grammaire, vocabulaire, etc.) tout en continuant à développer l’expression orale. La poésie doit jouer un rôle fondamental car elle donne naturellement le goût de la langue, ouvre l’esprit, éveille le sens de la beauté tout en sollicitant puissamment l’imagination. Sans nostalgie pour les méthodes rigides du passé, on doit y réhabiliter le rôle du « par cœur » – tout en l’alliant au plaisir du jeu théâtral – car la mémoire se travaille, surtout quand nous environne une culture du flash, des écrans et de l’instant. Bien entendu, le « par cœur » doit être proscrit ailleurs, notamment dans l’apprentissage de formules algébriques sans démonstrations constructives.

Dans les classes ultérieures, le temps passé sur l’apprentissage du français diminuera mais il doit rester une préoccupation constante et l’objet d’un apprentissage personnalisé aussi longtemps que les élèves ne sont pas à l’aise dans leur expression, tant écrite qu’orale, et qu’ils ne parviennent pas à lire un texte sans difficulté. Ils doivent non seulement en comprendre le sens mais s’en emparer comme d’un bien commun. L’écriture de textes courts sera ainsi encouragée pour exprimer cette intériorisation d’une langue maîtrisée.

Science - Arithmétique, géométrie, mathématiques

Le calcul doit s’apprendre très concrètement avec des objets réels à manipuler (bouliers, bûchettes et jetons, etc.). La « méthode de Singapour », qui a donné d’excellents résultats, semble intéressante en ce qu’elle repose sur une progression légitime « concret-visuel-abstrait » permettant de consolider les acquis au fur et à mesure du déroulement du programme. C’est d’ailleurs une approche similaire qui avait assuré le succès de notre enseignement primaire et primaire supérieur sous la IIIe République !

Le calcul mental doit être appris dès que possible comme un jeu pour que les enfants acquièrent la fluidité nécessaire dans les nombres et être libres pour progresser. La calculatrice, comme l’ont prétendu certains « spin doctors » de l’enseignement, ne pourra jamais se substituer à la nécessité du travail mental.

La géométrie doit reprendre la place qu’elle n’aurait jamais dû perdre : acquérir la connaissance des propriétés physiques de notre univers, s’approprier l’espace, mais aussi acquérir les facultés d’observation, de concentration et de rigueur intellectuelle qui sont essentielles pour l’élève.

Au delà de ces apprentissages de base, dans le temps dédié à l’éveil scientifique, on doit systématiquement privilégier l’approche « main à la pâte ». En partant de questions très simples et concrètes, l’élève est amené à formuler des hypothèses et à en vérifier la validité par l’expérimentation « pour de vrai ».

Musique

La musique doit devenir un élément à part entière de la scolarité du primaire. Faire de la musique, c’est déjà compter, s’approprier un langage, c’est développer son imagination et créer la beauté au travers d’un effort collectif. La publication au Bulletin officiel de l’Education nationale du 13 décembre 2016 d’un texte sur le chant choral à l’école et ce, jusqu’au lycée, en raison de ses « vertus éducatives particulières », est un signe positif. Cela devra donc être intégré à la formation de l’enseignant et à celle des intervenants musicaux dans les écoles, que l’on devra réhabiliter (DUMI, diplôme d’université de musicien intervenant).

Il y a cependant plusieurs conditions pour que la musique remplisse pleinement ce rôle éducatif.

  • Le choix du répertoire est d’autant plus important en musique qu’il est en même temps le moyen et le but. Or les enfants savent (parfois plus que les adultes) discerner la belle musique des productions infantilisantes ou commerciales. Et ils aspirent plus qu’on ne le croit à se l’approprier. Leur environnement quotidien étant déjà saturé de banalités, qui les enracinent dans la petitesse, les enfants devront avoir à l’école accès au meilleur de ce qu’a produit l’humanité, c’est-à-dire aux œuvres qui ont résisté – de par leur propre mérite – à l’épreuve du temps, notamment celles du répertoire classique. Quitte à les arranger pour répondre aux spécificités d’une chorale enfantine.
  • La musique, c’est l’harmonie, le rythme, la respiration, l’écoute et « l’accord des discords » à travers la polyphonie. Les enfants doivent pouvoir chanter à plusieurs voix très rapidement, par des techniques progressives et adaptées (notamment via la forme du contrepoint qu’est le canon). L’approche du jeu et de l’invention pour découvrir le langage musical doit être privilégiée et peut mener vers une initiation à la composition musicale, à laquelle se prête particulièrement bien le canon. C’est la main à la pâte musicale.
  • Les enseignants ne peuvent généralement mettre à la disposition des élèves que des instruments permettant une expression musicale étriquée (xylophones, flûtes à bec, etc.). Il faut donc systématiser la présence d’un piano à l’école. La pratique musicale collective peut également prendre la forme de l’apprentissage d’un instrument exigeant mais très riche, comme l’illustre le cas de l’école primaire Guy Môquet à Nogent-sur-Marne, où tous les enfants scolarisés apprennent un instrument à corde frottée (violon, alto ou violoncelle) pour leur plus grand bénéfice dans l’ensemble de leur scolarité.

Si les tout jeunes enfants se montrent très créatifs, leur mode d’apprentissage se fait, jusqu’à six ou sept ans, principalement par l’imitation. L’enseignement doit, encore plus que pour les plus grands, les placer en position d’acteurs dans un milieu où ils ont une possibilité physique d’interagir avec leur environnement (toucher, sentir, soupeser, voir, entendre). S’ils sont « de véritables éponges », comme on dit, il est d’autant plus important que l’adulte soit toujours présent, notamment pour montrer l’exemple et leur faire « absorber » ce qui les émancipe, les élève et leur donne ainsi confiance en soi.

La classe mixte, quand elle n’est pas vécue comme un pis aller en raison des coupes budgétaires, possède un grand intérêt pédagogique

car elle décline les avantages du développement mutuel entre élèves (imitation des plus grands et responsabilisation de ceux-ci dans la transmission aux plus petits). Notons que l’enseignement mutuel fut un élément central de l’enseignement au moment de la Révolution, car il est par excellence le moyen de briser la stérilité de l’esprit de rivalité pour lui substituer un esprit d’accomplissement collectif.

Enfin,

il est nécessaire d’augmenter les moyens financiers en faveur de l’enseignement primaire.

Sur 14 pays riches comparables, la France est au dernier rang en matière de dépense pas élève en primaire. Parallèlement à la revalorisation de 20 % du salaire des enseignants, je m’engage à faire en sorte que la dépense par élève soit accrue d’autant.

Le collège

L’entrée au collège se fera dans des établissements où la liaison entre primaire et collège aura été préparée, et non sur la base des faux nouveaux cycles, afin d’assurer que l’élève ne soit pas « perdu » dans son nouvel environnement. Ces établissements, à l’autonomie renforcée (à condition que ce ne soit pas dans le cadre de contraintes financières), ne devront pas dépasser les 600 à 700 élèves, avec pour objectif des classes de moins de 25 élèves et de 15 à 20 pour les situations les plus difficiles.

Possédant une bonne maîtrise des savoirs fondamentaux, le collégien sera en mesure d’aborder des savoirs plus complexes et de nouvelles matières. Entre autres, deux heures hebdomadaires d’apprentissage manuel aux technologies remplaceront les actuels cours d’une heure et demie de technologie vidés de leur substance et de leurs moyens. Car nous ne pouvons plus admettre que l’école ne forme que des informaticiens, des ingénieurs et des cols blancs. Ces nouveaux cours, pour lesquels il faudra mettre les moyens, intégreront la mécanique, l’électricité et l’électronique, la menuiserie, et enfin l’informatique et la 3D pour se confronter aux contraintes de la matière, ouvrir une fenêtre sur le monde du travail et sur les futures révolutions des modes de production.

Pour les élèves qui se destinent à une filière professionnelle, il est indispensable de réhabiliter les fameuses 4e et 3e technologiques et que le Bac Pro revienne à quatre ans. Enfin, pour réconcilier les professeurs de collèges avec l’enseignement professionnel et technologique, il faudra les sensibiliser et les former sur ces filières et sur l’évolution des secteurs demandeurs d’emploi (cf. ma section « Enseignement et formation professionnels, le droit au futur pour notre pays »).

Histoire

Si l’enseignement de l’histoire a suscité une telle polémique, c’est aussi parce qu’elle nous tend un miroir à double face, passé et projection du futur, où transparaît notre responsabilité individuelle face au devenir collectif. Brouiller la compréhension de l’histoire, c’est créer la confusion entre les deux. C’est également empêcher les élèves de prendre conscience de leur responsabilité de citoyen car, comme le dit l’historien Denis Peschanski, l’enseignement de l’histoire « ne saurait être déconnecté d’un projet politique, la construction de la cité ». Appréhender d’un seul coup d’œil, ou de pensée, cette grande fresque historique fait apparaître clairement le « message universaliste que porte la France et qui la rend attractive ».

Son rôle est d’autant plus important pour les jeunes qu’il faut les arracher à la tyrannie de l’immédiateté. Il faut aussi les sortir du débat stérile sur « l’identité française », car la France est un creuset qui s’est enrichi de multiples apports. La spécificité française, c’est d’avoir su créer l’unité dans la diversité par l’adhésion commune à des valeurs universelles et à un projet politique en découlant légitimement. L’école doit aider chacun à développer cette conscience d’être à la fois « patriote et citoyen du monde » (voir Friedrich Schiller).

C’est pourquoi je défends un enseignement de l’histoire qui rende intelligible la trame de vie de la France et du monde. Loin d’un « roman national » stéréotypé, les élèves doivent revivre non seulement les grands moments de notre histoire mais aussi ceux de l’histoire universelle. En remettant leurs pas dans ceux de leurs prédécesseurs qui créèrent ou qui combattirent pour la liberté et le progrès, ils découvriront le sens même de la création et ce que demande d’héroïsme le combat engagé pour les principes au fondement de notre République.

L’histoire doit, bien sûr, s’enseigner chronologiquement, mais aussi en se concentrant sur les points de discontinuité qui changèrent, parfois grâce à une poignée d’hommes et à une seule idée, la société en profondeur : découverte d’un principe physique (machine à vapeur, relativité), innovation (imprimerie), événement d’ampleur (Révolutions américaine et française, fin de l’esclavage, etc.), ou encore une guerre quand celle-ci marque une rupture civilisationnelle (Première Guerre mondiale).

Il convient également d’inclure les grandes découvertes artistiques qui, on l’oublie trop souvent, transformèrent les esprits. Les sociétés qui ont goûté aux révolutions musicales de Bach, Mozart ou Beethoven, celles qui ont vu l’avènement de la perspective en peinture, ont fait, elles aussi, un saut qualitatif, lorsque ces découvertes ont été partagées avec un nombre de plus en plus grand d’êtres humains.

Le rôle de l’archéologie doit être abordé. Les progrès apportés par l’utilisation de nouvelles technologies (analyse de l’ADN, thermoluminescence, archéomagnétisme, etc.) montrent que le passé n’est pas figé, qu’en ayant les moyens de l’interroger, il nous donne des réponses plus précises. Là où l’interprétation nécessairement subjective, mais plus ou moins rigoureuse et bien intentionnée, est la règle, des éléments objectifs permettent de savoir et de progresser. La visite de sites archéologiques ou de laboratoires de recherches permettra aux élèves de s’interroger sur les liens entre futur et passé. En particulier, en notre temps de progrès scientifiques, il me paraît fondamental d’initier les élèves aux découvertes des hommes préhistoriques (biface, etc.), en montrant la différence fondamentale entre un outil humain et un « outil animal », avec expérimentation de la taille d’instruments.

Enfin, si l’enseignement de l’histoire par thèmes est une approche très intéressante pour des chercheurs, elle est tout simplement inadaptée et même contreproductive à l’école primaire ou au collège. Tout au plus, elle peut trouver sa place dans des projets ponctuels, par exemple des EPI (enseignements pratiques interdisciplinaires) ou pour approfondir un sujet spécifique. Il faut au contraire commencer par enseigner les grands moments de notre histoire et de l’histoire universelle, qui ont vu naître les progrès de l’esprit humain, et montrer ce qui a entraîné, à l’inverse, les moments de recul.

Français

D’ores et déjà, l’enseignement du français ne devrait pas être amputé d’une heure en quatrième-troisième, voire davantage pour laisser place à des enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI).

Nous devons réhabiliter l’enseignement de la littérature sous sa forme chronologique, et selon un corpus d’œuvres prédéfini, prioritairement écrites, car tous les supports ne se valent pas, et surtout, privilégiant les moyens de se bâtir, pour le futur adulte qu’est l’élève, une véritable culture humaniste. L’enseignement de la poésie doit être conçu non comme un fourre-tout aléatoire et capricieux de ressentis personnels ou déconstructionnistes, mais comme un support permettant de réconcilier, à la manière d’un Shelley, d’un Hugo ou d’un Schiller, la raison et les émotions en vue d’élever le sentiment personnel et universel. Exactement comme on doit étudier et expérimenter le contrepoint en musique, la métaphore et l’ironie, ainsi que le langage très imagé et généreux de Rabelais. On oublie trop souvent qu’ils furent des moyens d’enrichir notre langage aujourd’hui bien mis à mal, dans une société qui veut à tout prix rendre notre pensée binaire et linéaire. Apprendre à bien parler français ne consiste pas à se soumettre à une langue de Cour prédéterminée, mais à enrichir notre langue par la découverte de son histoire et l’accueil du meilleur des autres. Le jeu théâtral, instrument du développement de la confiance en soi et de ce lien entre raison et émotion, doit aussi être privilégié, ainsi que les crédits alloués aux rencontres théâtrales et aux sorties culturelles. Ces sorties et ces expériences intellectuelles devront s’inscrire dans le cadre d’un projet pédagogique d’ensemble.

Enfin, la grammaire doit être remise comme une priorité dans le temps d’enseignement.

Mathématiques

Il faut, là encore, contrairement à ce qu’a voulu la dernière réforme des programmes, redonner à la géométrie, de la sixième à la troisième, son rôle fondamental et en finir avec la tyrannie des mathématiques abstraites.

Initiation au codage

Faut-il apprendre aux enfants à coder ? Oui, certainement, mais là encore, la nature binaire du langage informatique invite à la prudence : on « devient » trop souvent le langage que l’on parle. Autant il est nécessaire que la nouvelle génération maîtrise le codage, autant il est essentiel que son univers mental ne soit pas façonné par un système terriblement réducteur. C’est pourquoi je propose que le codage ne soit abordé qu’en quatrième, lorsque les élèves auront déjà développé les instruments intellectuels pour avoir le recul nécessaire.

Le lycée

Mon objectif est de parvenir à la création d’un lycée polyvalent et polytechnique (regroupant les quatre voies de ce qui devrait être une approche globale : une voie professionnelle en alternance, une voie professionnelle en continu, une technologique et une dernière, générale). Je soutiens donc la proposition du Syndicat général des lycéens (cf. ma section « Enseignement et formation professionnels, le droit au futur pour notre pays »).

Les lycées qui ont un faible taux de réussite au baccalauréat doivent disposer de davantage de moyens que les autres. Plus généralement, le travail en équipe doit être développé partout. Il faut créer les conditions pour que les établissements deviennent des « républiques en petit », avec un enseignement moins formel et plus mutuel, qui s’interrogera constamment sur les résultats de sa pratique, au lieu d’appliquer des instructions ou des formules. Les conditions suivantes seront nécessaires pour y parvenir :

Trois ans d’enseignement doivent avoir été effectués avant l’affectation dans des établissements difficiles.

Un système spécifique de formation continue et de tutorat entre enseignants doit être institué dans ces établissements, ainsi que le renforcement des équipes pédagogiques par des éducateurs.

les chefs d’établissement doivent pouvoir disposer d’une grande autonomie d’initiative et d’innovation,

et devenir les points d’ancrage d’une équipe responsable associant professeurs, parents et quelques grands élèves. Cette équipe dialoguera avec l’autorité académique pour établir le profil personnel des nouveaux professeurs en fonction du projet de l’établissement ;

les équipes pédagogiques devront se former et être connues un mois avant la rentrée.

Elles devront organiser leurs horaires, avec un temps de concertation de toute l’équipe de trois à quatre heures par semaine, pour pouvoir identifier et suivre ensemble chaque élève en difficulté ou difficile, avec l’assistance des médecins scolaires, des infirmiers et des surveillants ;

il appartiendra à ces équipes enseignantes de tracer les itinéraires pédagogiques les mieux adaptés à chaque milieu et à chaque classe,

l’Etat se contentant de fixer des normes de compétence nationale ;

le parlement de la « république en petit », constitué par les équipes enseignants-parents-élèves, travaillera auprès du chef d’établissement,

qui devra prendre son avis et constamment dialoguer avec lui ;

des bureaux d’accueil individuels devront être aménagés pour que les enseignants puissent y recevoir, (et non dans une salle de classe ou un café) les élèves et leur famille ;
dans cette approche, chaque lycée (mais aussi chaque collège) doit pouvoir disposer de sa chorale, sa troupe de théâtre, son petit musée pédagogique, son journal, sa rédaction, ses blogs de classe, voire de sapetite imprimerie.

A un cadre anonyme et interchangeable se substituera ainsi un lieu de vie ouvert sur l’extérieur mais protégé de ses influences perturbatrices.

En suscitant ainsi un climat coopératif, je suis convaincu que les enseignants, conscients de la confiance qui leur sera accordée et aimés de leurs élèves, resteront plus longtemps à l’école par plaisir. (Expériences de référence : Jean-Luc Muracciole à Reims et collège Pierrelée, Académie du Mans.)

C’est dans ce contexte que le décloisonnement entre filières ES, L et S pourra se faire sans drame.

L’enseignement de l’économie ne doit plus, lui, dépendre de la section économie de l’Académie des sciences morales et politiques, au sein de laquelle les conceptions du libéralisme financier d’un Michel Pébereau ou d’un Denis Kessler ne rencontrent aucune opposition. Il est nécessaire que l’économie physique au service de l’humain, celle pour laquelle la création passe avant le profit, retrouve sa place ou, du moins, soit enseignée parallèlement au « socle théorique de base qu’aucun économiste aujourd’hui ne songerait à remettre en cause » promu sans scrupules intellectuels par les experts de l’Académie.

IV. Mesures complémentaires de soutien

Donner plus de moyens aux sections d’enseignement général et professionnel adapté (SEGPA),

qui sont rattachés aux collèges et scolarisent environ 100 000 élèves de douze à seize ans en très grande difficulté scolaire. Les professeurs et instituteurs spécialisés enseignant dans ces structures jouent avec un grand dévouement les « pompiers de l’Education nationale ». Ils doivent être mieux payés, mieux aidés et encouragés à s’organiser en équipe. Les quelque 50 000 élèves sortant sans qualification des SEGPA doivent être progressivement réduits à quelques milliers : moins doivent y être envoyés et davantage doivent en sortir avec une qualification.

Dans toutes les classes des lycées et collèges, au moins deux heures d’étude pendant quatre jours devraient être assurées,

avec l’assistance d’un enseignant répondant aux difficultés rencontrées par chaque élève et aidant à la rédaction des devoirs. C’est dans ce climat collectif qu’une plus grande égalité des chances peut être assurée, les élèves rencontrant chez eux des circonstances difficiles pour se concentrer se trouvant là dans les mêmes conditions que les autres. Le « retour sur la classe » permettra de mieux diagnostiquer les cas particuliers et créer les conditions d’un enseignement mutuel.

les tutorats pour élèves en dispositif relais doivent être toujours disponibles,

pour travailler au plus près des besoins de l’élève et faciliter le « raccrochage ». Le suivi des élèves dans leur collège d’origine, au-delà des sessions, devra être physique, ce qui signifie que l’équipe pédagogique du dispositif tutoral disposera de temps pour effectuer les déplacements nécessaires. Le retour progressif au collège doit être accompagné d’une fiche de suivi professeur-élève. Les visites de professeurs autres que le tuteur à l’atelier-relais doivent devenir la norme.

Les réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased), destinés aux élèves d’écoles maternelles et élémentaires en grande difficulté doivent être renforcés,

car cet effort en amont au cours d’une vie réduira le recours aux centres d’éducation fermés, qui coûtent très cher et viennent souvent trop tard.

Je propose de créer un Service public d’aide scolaire,

qui permettra d’aider au mieux tous les élèves, et pas seulement ceux dont les parents peuvent avoir recours à des dispositifs de rattrapage payants. Partout un pôle de professeurs remplaçants, rattachés chacun à un collège et à un lycée particuliers, devra d’une part pallier toute absence supérieure à trois jours, et d’autre part, quand les professeurs membres du pôle n’auront pas à remplacer leurs collègues, ils devront intégrer le Service public d’aide scolaire.

je propose la création d’un Pôle public de l’orientation,

Pour permettre une orientation de tous les élèves, qui soit à la fois disponible, simple et claire, , doté d’une antenne dans chaque établissement scolaire (lycée polyvalent), ouvert à tous et issu de la fusion des centres d’orientation et de formation et de l’Office national d’information sur les enseignements et les professions (ONISEP).

Ce dispositif d’ensemble soutiendra et encadrera les différentes voies et filières des collèges et lycées. Dans ce contexte, la gratuité des manuels et des trousseaux professionnels sera mise en place, pour que chaque lycéen ait accès à sa formation sans que lui ou sa famille ait à en supporter la dépense.

V. L’enseignement supérieur : réorganisation des universités et grandes écoles

1. Universités

Il faut arriver à une parité absolue de traitement entre ce que la collectivité nationale consacre à chaque élève des classes préparatoires aux grandes écoles et de l’université,

tout en accroissant la part de PIB (1,5 %) actuellement consacrée à l’enseignement supérieur.

Il est impératif de donner aux étudiants des premiers cycles universitaires un encadrement comparable à celui qui existe dans les classes préparatoires ou les IUT.

Un semestre de transition doit être prévu entre le lycée et l’enseignement supérieur avec des modules de méthodologie, de soutien et de définition du projet professionnel. Ce tutorat universitaire permettra de rattraper l’absence d’expression écrite ou orale des étudiants, avant que ma refondation du primaire et du secondaire ne porte ses fruits.

Des passerelles seront créées entre filières et niveaux de formation, notamment entre filières générales et professionnelles.
Une culture de la réflexion scientifique sera réintroduite partout

La culture « humboldtienne » ou « polytechnique » et la division entre scientifiques et littéraires réduite autant que possible, non par acte d’autorité mais dans la logique de l’épanouissement des connaissances.

La responsabilisation découlant de l’autonomie renforcée des universités permettra un mode de fonctionnement interne plus satisfaisant

un exécutif stable, un « président », entouré d’une communauté professorale et étudiante, le « parlement ». Cette responsabilisation permettra d’associer tout le tissu des universités à la réflexion sur leur avenir. Dans chaque université, la présidence pilotera un projet d’établissement et une stratégie avec les différentes composantes et passera avec chacune d’entre elles des contrats d’objectifs et de moyens. Une véritable comptabilité analytique permettra d’estimer les coûts de chacune des activités de l’université, évaluées avec un outil de contrôle de gestion.

2. Grandes écoles

Il faut mettre fin à la rente d’une caste. Avec quelles armes ? La propagation d’une méthode créatrice à chaque niveau des enseignements. Car supprimer d’un trait les grandes écoles ou les intégrer immédiatement au sein de l’université satisferait certes le ressentiment que l’on peut nourrir contre elles, mais aggraverait le problème de notre enseignement en y introduisant un chaos contre-productif.

Il faut commencer par créer les conditions permettant de former un autre type d’homme, qui ne soit ni un grand prêtre de la science ni une star du traitement des dossiers, mais un être humain aimant créer plutôt que gérer, sensible aux solidarités sociales plutôt qu’aux réputations et à l’argent, et rejetant l’injustice ou l’ennui du système dominant. Les conventions Etat-grandes écoles devront ainsi avoir pour but non seulement d’en démocratiser l’accès, mais d’en réduire les coûts pour la collectivité.

A l’ENA par exemple, il faudra aller au-delà du travail mené ces dernières années sous la direction de Nathalie Loiseau et s’inspirer de l’esprit du projet d’Ecole spéciale des services publics qu’Hippolyte Carnot élabora en 1848, alors qu’il était ministre de l’Education publique. Son Ecole d’administration avait bien entendu à son programme des cours sur les techniques de gestion des affaires publiques, mais étayées par une « méthode générale », l’épistémologie des sciences dans leurs conceptions les plus avancées de l’époque. A cet effet, une décision ministérielle mentionnait l’enseignement de la physique, de la géométrie descriptive et du calcul infinitésimal pour tous les élèves de l’école.

C’est cet esprit, celui de l’Ecole polytechnique des origines, celle de Gaspard Monge, Lazare Carnot et Prieur de la Côte d’Or, qu’il faut aujourd’hui réintroduire non seulement à l’ENA mais à l’Ecole polytechnique elle-même et plus généralement dans toutes les grandes écoles.

C’est au niveau des contenus, dans ce qu’ils ont de plus créateur, de plus proche de l’esprit de découverte, contre tout esprit bureaucratique et oligarchique, que l’intégration des grandes écoles dans les universités pourra se faire progressivement, dans un esprit de « nouvelle frontière ».

L’on ne peut fonder la sélection de scientifiques créateurs sur la simple base des mathématiques existantes, finies, mais sur cette intuition rigoureuse qui permet de rendre compte de phénomènes d’un ordre qualitatif supérieur. De même, l’on ne peut recruter des fonctionnaires créateurs sur la base de techniques de gestion elles-mêmes existantes et finies.

C’est le cœur du problème des castes issues des grandes écoles et des prépas.

Le résultat est que les polytechniciens, par exemple, se sont presque totalement détournés de la recherche. Dans le secteur privé, leur salaire dépasse plusieurs fois ce qu’ils gagneraient dans le secteur public, et à l’intérieur même de la fonction publique, à 35 ans, un polytechnicien entré au CNRS gagnera entre deux fois et demie et trois fois moins que ses camarades qui ont choisi de faire carrière dans les ministères. Une telle hiérarchie des salaires reflète le peu de cas que notre société fait de ses chercheurs, et combien elle cherche à s’attacher de bons gestionnaires pour veiller sur les privilèges.

Je m’engage au contraire à ce que la méthode créatrice elle-même devienne l’objet de l’enseignement, donnant naissance à des individus animés par des principes et relativement invulnérables, psychologiquement et moralement, aux attraits autres que celui de l’intérêt général. A l’ENA, une formation des élèves à la recherche introduira un esprit scientifique pour de futurs hauts fonctionnaires qui doivent s’interroger avec un esprit critique avant de décider. L’on comprendra que je conçoive ainsi l’éducation comme la nouvelle frontière d’une autre politique.

L’obsession du rang de sortie déterminant l’écart entre carrières futures correspondant à ce rang est une aberration supplémentaire de notre système. Le choix devra se faire en fonction des compétences et des goûts de chaque élève et non des espoirs de faire plus ou moins bien carrière. L’obligation de servir durant les dix premières années à la sortie de l’école, sous peine de devoir démissionner de la fonction publique et rembourser le coût de sa formation, doit être enfin établie.

VI. L’école et le numérique

Selon le calendrier officiel du plan numérique lancé en mai 2015 par le président de la République, 1256 écoles et près d’un quart des collèges sont censés avoir été équipés dès la rentrée 2016. Plus de 175 000 élèves ont dû être dotés de tablettes numériques, cofinancées par l’Etat et les collectivités territoriales.

Introduit à grand renfort de communication, le plan numérique est présenté comme la solution miracle à l’inégalité scolaire alors qu’il est en réalité très contestable, notamment en ce qui concerne la pédagogie. Les mises en garde existantes, très documentées (dont celle de Michel Desmurget), sont ignorées. Même l’OCDE s’est montrée particulièrement prudente à l’issue d’une étude préliminaire.

Dans la préface de cette dernière, Andreas Schleicher, le patron de la Direction de l’éducation et des compétences, écrit : « Les élèves utilisant très souvent les ordinateurs à l’école obtiennent des résultats bien inférieurs dans la plupart des domaines d’apprentissage, même après contrôle de leurs caractéristiques socio-démographiques. »

Le numérique à l’école, c’est une journée devant les écrans là où la moyenne journalière est déjà (tous écrans confondus) de sept heures et demie pour chaque jeune ! Et ce, en dépit du constat alarmant sur le manque de sommeil et les problèmes de comportement et de concentration qui en découlent, notamment chez les familles qui ne sont pas susceptible d’exercer un contrôle sur leurs enfants.

Plan numérique et gros sous

Supposons, dans une estimation très optimiste, que le coût d’une tablette se monte à 150 euros, il faudra donc débourser 175 000 x 150 = 26 250 000 euros  ! Cette somme ne comprend cependant ni l’entretien, ni les éventuels frais de maintenance ou de réparation, ni l’achat de la version numérisée des manuels scolaires dont la version papier est destinée à disparaître (les budgets pour ceux-ci ont déjà diminué d’un tiers). La tablette aura-t-elle les cinq ans d’espérance de vie du manuel scolaire ? Cela revient à demander si les enfants d’aujourd’hui seraient devenus comme par magie « sages comme des images ».

La tablette utilisée par les élèves est souvent un iPad, soit un coût unitaire de 500 euros aux frais du contribuable.

Passons à l’équipement collectif avec le TBI (tableau blanc interactif). Coût estimé : 2000 à 3000 euros, auxquels s’ajoutent frais d’installation, ordinateur, logiciels éducatifs, licences annuelles des logiciels, périphériques, câblages, entretien et réparations, électricité, abonnement internet, consommables et formation.

Comparons à cela le coût de l’équipement collectif dans l’enseignement non-numérique.

Tableau standard à fond vert 150 cm x 100 cm : autour de 100 euros (plus les craies et les éponges).

Tableau standard à fond blanc, type velleda 200 cm x 100 cm : autour de 200 euros (plus les feutres et les éponges.)

Le plan numérique, à l’efficacité pédagogique pour le moins non prouvée, représente par contre une extraordinaire manne financière pour les fabricants de matériels et de logiciels informatiques, comme pour GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon), qui se chargera de « biberonner » les élèves et futurs étudiants, donc les acteurs de demain. On passe ici à une dimension de rente financière sans aucune proportion avec celle, déjà problématique, des fournisseurs de manuels scolaires papier. A qui fera-t-on croire que les géants de l’informatique et d’internet se priveront de collecter des données personnelles d’une valeur inestimable sur tous les utilisateurs (enseignants compris) ? Il est inadmissible que l’Education nationale livre une masse captive de consommateurs potentiels à des captateurs de données.

Non seulement elle ne fait rien lorsque les géants de l’informatique tournent autour de l’école, comme Apple, avec son programme d’ateliers où l’on invite les élèves à se rendre en sortie scolaire comme d’autres vont au musée, mais elle a signé le 30 novembre 2015 un contrat avec Microsoft, aux termes duquel l’entreprise américaine s’engage à investir 13 millions d’euros pour « contribuer » à la réussite du Plan pour le numérique. Un petit investissement qui lui rapportera très, très gros… Comment, dès lors, parler d’école de la République et assurer l’impératif d’égalité lorsqu’on la livre à la logique du profit ?

Avec 50 % de la population mondiale ayant moins de 25 ans et un tiers moins de 15 ans, la numérisation de l’école, en préalable à sa privatisation, en fait une cible pour les cartels internationaux. Nous devons empêcher qu’elle ne devienne leur proie.

MES PROPOSITIONS

Aucun écran jusqu’à six ans

On démontre aujourd’hui leur nocivité tant sur la concentration qu’en terme de luminosité, voire d’ondes.

Au primaire : pas de cours sur tablettes ni écran numérique.

L’écriture cursive, les traces du processus à l’œuvre quand l’élève écrit ou tâtonne, sont essentielles pour le professeur et l’élève.

A partir du CE1, les outils informatiques en classe ne seront que des supports pour compléter les autres

Par exemple la projection d’une vidéo pour illustrer un cours de géographie. Ils seront introduits, en tant que de besoin, uniquement après les supports physiques, réels. Par exemple : confection d’un herbier, dans un premier « pour de vrai », puis présentation de celui-ci sur un support digital (petit site web, etc.).

  • Même si je partage avec Steeve Jobs et les geeks de la Silicon Valley la conviction que l’enfant ne doit pas être placé devant un écran pendant sa croissance et la formation de son cerveau, je pense cependant que c’est envisageable à partir du secondaire. A cet âge, la maîtrise de l’instrument devient nécessaire et l’apprentissage du codage doit être organisé, non comme une chose en soi, mais comme moyen de résoudre des problèmes dans l’univers réel.

VII. Conclusion

L’éducation devrait toujours être le risque pris par l’enseignant d’être dépassé par les enseignés, en faisant revivre les principes connaissables de tous et aux yeux de tous, à travers une grande découverte scientifique, une grande œuvre d’art ou un simple moment de découverte. Et, plus que tout, c’est aimer ce risque d’être dépassé, car ce dépassement permanent est, au fond, la mission de toute République.

 
 
 



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