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Le Figaro : Cheminade au-dessus des 400 promesses écrites de parrainages

lundi 9 janvier

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Cet article, publié sur le site du Figaro, qui porte encore l’empreinte de contre-vérités venues d’outre-atlantique, vise à toujours donner l’image d’un petit candidat, à cette contradiction près que l’attention malveillante portée sur lui par le FBI contredit cette affirmation. L’on voit donc bien d’où vient « l’aura sulfureuse ».

Cheminade, la dernière campagne d’un iconoclaste

Par Marc de Boni
6 janvier 2017

Exit la colonisation de Mars. Le septuagénaire, qui souhaite se présenter pour la troisième fois, entend casser son image de candidat loufoque.

Ne serait-ce que parce qu’il est parvenu par deux fois à se présenter au premier tour de l’élection présidentielle, Jacques Cheminade mérite d’être pris au sérieux parmi les petits candidats à la succession de François Hollande. D’autant plus que celui qui, à 75 ans, serait le doyen des prétendants, jure être en passe de réitérer son exploit. « Je suis très au-dessus des 400 promesses écrites de parrainages. On me fait crédit d’avoir prédit la crise financière. Mais il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué », jure-t-il. Bon dernier de la présidentielle de 1995 avec 0,28 % des voix, il réitère 17 ans plus tard avec un score de 0,25%. Pas de quoi décourager le fondateur de Solidarité et Progrès, groupuscule qui revendique « 200 militants mobilisables pour la récolte des signatures », tant il est persuadé que la conjoncture peut lui être favorable.

« Je crois que cette fois le vote utile se portera vers l’abstention. Mais si on arrive à faire lire les programmes, je crois que le mien changera la donne. Je veux éclairer l’aquarium obscur du monde politique. Personne n’a véritablement le sens de l’horizon devant la révolution scientifique actuelle », assure ce diplômé de l’ENA. S’il souhaite se voir rangé du côté des « gaullistes de gauche », c’est bien le rapport à la science dans son programme qui a fait sa marque de fabrique. L’un de ses principaux défis consiste à casser l’image loufoque que lui a valu son projet de relance du programme spatial, marqué par la volonté de créer des stations orbitales terrestre basse, une station sur la Lune pour exploiter ses ressources, et de coloniser Mars. Pour la campagne qui s’annonce, et qui sera sa dernière, il a donc choisi de mettre l’accent sur des considérations plus terre à terre.

Aura sulfureuse

Pourfendeur depuis toujours de « la dictature molle financière » et des forces de Wall Street, il promet de « lutter contre le présentéisme ordonné par la quête du profit immédiat ». On le croirait réactionnaire lorsqu’il déplore la libération des « flux libidineux de Mai-68 pour ménager l’avènement du court-termisme ». Il déconcerte ensuite en annonçant : « Si j’étais président, il y aurait moins de tensions car j’accorderais de l’écoute à chacun, à l’attention à l’autre ». Conscient tout de même que ses propositions jugées farfelues ont aussi fait sa notoriété, Jacques Cheminade en conserve quelques-unes pour sa dernière campagne, comme la généralisation de la pratique du chant en chorale. « C’est essentiel. C’est une petite société, la chorale, ou l’effort individuel se fond dans la réalisation collective ». Il se fait également l’adversaire résolu de la violence sur les écrans, dans les jeux vidéos comme au cinéma. Dans son viseur notamment du jeu « Pokemon Go », afin « d’arrêter l’exode vers le virtuel et la violence ».

Reste tout de même une aura sulfureuse dont il est difficile de se défaire. Dans les années 1990, le FBI avait alerté plusieurs ambassades européennes au sujet de ses relations avec le polémiste américain Lyndon Larouche, accusé de dérive « fasciste », d’antisémitisme, ou encore d’homophobie. Lui-même longtemps poursuivi pour ses comptes de campagne de 1995, Cheminade dit être victime « d’un arrangement » pour « le démolir ». En 2005, son mouvement est mentionné comme une « secte politique » par la Miviludes. Il balaye aujourd’hui : « On a dit ça des premiers chrétiens, ça ne veut rien dire. Il ne faut pas confondre une secte et une minorité déterminée ».

« Il y a une entente, c’est une obsession », juge encore le septuagénaire. De quoi nourrir les accusations de complotisme qui pèsent toujours à son encontre. « Il y a deux sortes d’imbéciles : ceux qui disent qu’il n’y a pas de complot, et ceux qui en voient partout », tranche le principal concerné, qui s’intéresse aux thèses conspirationnistes du 11 Septembre 2001. Jacques Cheminade peut toujours compter sur un petit noyau de volontaires dévoués pour porter sa parole, sur le web notamment. Ses quelques soutiens en France et aux États-Unis lui permettent d’envisager une campagne autour des 400 000 euros, entièrement financée par des dons et par les ventes des publications de Solidarité et Progrès. « Quoique tout peut changer et grossir, on a jamais vu une campagne aussi volatile », veut-il croire.


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