La France avec les yeux du futur

Notre passion : créer des citoyens

lundi 14 mai

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L’état du monde et de notre pays exige que nous allions au cœur des choses. En affrontant ce qui porte le risque de chaos économique et de guerre. En suscitant un ordre de développement mutuel et de justice sociale. C’est le combat pour cette unité d’action que nous menons. Nous ne perdons pas notre temps à souligner ou commenter indéfiniment les contradictions des autres. Nous cherchons au contraire à rassembler ceux qui cherchent et pensent, même s’ils ne pensent pas strictement comme nous mais sont inspirés par une exigence de justice et d’espérance.

Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au cœur du commun combat.

C’est donc une grande querelle qui rassemble que nous devons porter, par delà la somme des petites. En partant de l’essentiel : le système dans lequel nous vivons affiche une prospérité de carton pâte et survit en s’autodétruisant. Il vit en empruntant au delà de toutes les capacités de remboursement, détruit le capital productif et l’ordre social, prolétarise les classes moyennes et exploite les salariés qui ne peuvent vivre, ou survivre, qu’en s’endettant. Les propriétaires d’un capital financier, fictif car il n’est plus capable de créer de richesse, sont devenus des prédateurs criminels et détruisent ainsi, comme des cellules cancéreuses dans un corps humain, la base qu’ils ont colonisée. Si cette question n’est pas traitée, le reste n’est au mieux que saignées, soins palliatifs ou ministres déployés pour administrer les sensibilités.

C’est justement ce que nous prodigue la politique d’Emmanuel Macron. Il saigne les patients modestes et ménage les riches, en les laissant, avec la suppression de l’exit tax, « libres d’investir où ils veulent » et « de lever le camp ». Il espère, dans ces conditions, qu’avec son élite de technocrates bonapartistes, il construira une Europe qui deviendra le remède miracle.

En fait, il tente de sucer la roue de ceux qui pédalent ensemble sans vision et sans espoir. Pire encore, lorsqu’il s’enflamme à tenter de convaincre les Trump ou les Merkel, il ne rencontre que leur suffisance. S’il déclare en se haussant du col qu’« il ne peut y avoir un fétichisme perpétuel pour les excédents budgétaires et commerciaux, car ils sont faits aux dépens des autres », Merkel lui répond que « nous avons des cultures politiques et des manières d’approcher les sujets européens différentes ».

C’est à quatre choses principales que tient l’échec de la politique de Macron : ne pas traiter la question financière déterminante, manquer tellement de projet social que même un Alain Duhamel s’en aperçoit, se trouver seul parmi des ministres associés à une technostructure qui ignore comment vivent et ressentent les Français, et vouloir s’insérer dans une Union européenne qui a trahi l’idée même d’Europe.

« Saisir le destin à la gueule. »

Comment sortir du dilemme ? En se joignant, dans le monde, à ceux qui constituent l’alternative. C’est le « tianxia » de la Chine, l’effort pour mettre en place un système gagnant-gagnant fondé sur les grands projets des Nouvelles Routes de la soie, seul de nature à apporter la puissance économique nécessaire pour sortir le monde de la dictature financière destructrice. Et en créant chez nous la base sociale de ce combat, car la Chine ou l’Europe ne feront jamais le boulot à notre place.

Comment faire du potentiel de colère et d’espérance une force capable d’engendrer le changement ? Voilà le cœur de notre défi au cœur du défi mondial : éveiller la passion créatrice dans l’autre pour saisir le destin à la gueule, comme le disait Beethoven.

Sans mondialisme, fédéralisme ou repli destructeur, mais en nous unissant avec passion à ce qui incarne dans l’économie la création humaine et le suscite dans l’art et la science. Patriotes et citoyens du monde, c’est-à-dire historiquement Français.


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L’édito de Jacques Cheminade est publié tous les 15 jours dans le journal Nouvelle Solidarité.