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Obama s’invite dans la campagne présidentielle française

samedi 14 avril 2012

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Déclaration de Jacques Cheminade

Paris, le 14 avril 2012 — Le 12 avril, France 2 a diffusé un extrait de la vidéoconférence de Nicolas Sarkozy et Barack Obama lors de son journal de 20h avant l’émission « Des paroles et des actes » (DPDA). Je ne m’attarderai pas sur les multiples aspects problématiques de la politique intérieure et extérieure d’Obama que j’ai déjà dénoncé. Alors que dire de ce petit spectacle orchestré par N. Sarkozy et France 2 avec la complaisance de B. Obama ? Sur le fond, les échanges de louanges mutuelles sont pathétiques : « we will win together » ânonne N. Sarkozy. Quand on connaît la soumission des deux présidents aux intérêts financiers de Wall Street et de la City, on ne peut que sourire face à leur tentative peu crédible de s’afficher comme des leaders dans la tempête. L’importance prise dans leur discussion par le décès récent de Richard Descoings et l’oubli de Raymond Aubrac sont également significatifs de l’univers mondain dans lesquels les deux hommes évoluent et de leur peu d’intérêt pour l’histoire. Ce reportage à la sauvette diffusé quelques heures avant l’intervention de N. Sarkozy dans DPDA est par ailleurs révélateur du traitement de faveur accordé par le service public à certains candidats.

Le plus révoltant dans cette affaire est la nature de l’intrusion de B. Obama dans cette campagne présidentielle. Le président américain ne se contente pas de prêter main forte à N. Sarkozy à travers une opération de promotion désespérée. Il joue un double jeu et tente d’influencer simultanément plusieurs candidats, comme le montre la visite récente de trois de ses conseillers dans les états-majors de F. Bayrou, F. Hollande et N. Sarkozy. L’intérêt porté par l’administration américaine à l’entourage de F. Hollande est particulièrement inquiétant. Comme le dit à demi-mot Le Parisien du 13 avril, l’objectif est in fine de peser sur les décisions de Hollande concernant le retrait d’Afghanistan et le bouclier antimissiles de l’OTAN. Par faiblesse ou par manque de lucidité, F. Hollande semble s’illusionner concernant une administration Obama définitivement opposée à toute séparation des banques et à la règle Volcker.

Ces interventions américaines dans la campagne présidentielle ne doivent pas être simplement vues sous l’angle de la duplicité et de l’ingérence étrangère. Elles sont surtout de mauvaise augure quant à la politique que pourrait mener demain un président socialiste...s’il s’alignait sur son homologue américain. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour l’empêcher.


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