La France avec les yeux du futur

Penser et agir autrement

mardi 10 mars

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Le principal danger du coronavirus est qu’il puisse muter. Le principal espoir, que le danger actuel inspire une mutation de notre manière de penser et d’agir. Que d’une priorité donnée à nos caprices, à nos désirs et à nos perceptions, nous passions, en tant qu’individus, à la recherche du bien commun. Que nos Etats passent, eux, d’une priorité donnée à la volonté de rafler le plus d’avantages possibles au détriment des autres à un engagement de développement mutuel. On appelle cela un changement de paradigme : sortir du domaine de la cupidité et de la géopolitique pour leur substituer une volonté de détente, d’entente et de coopération entre êtres humains et entre les Etats où ils vivent. Le coronavirus n’est qu’un détonateur. Il révèle que le régime de mondialisation financière est l’explosif qui nous menace tous.

 Le coronavirus n'est qu'un détonateur.

Nous ne pouvons rien attendre des institutions politiques existantes. Elles sont issues de plus de cent ans d’histoire, marquée par trois terribles étapes : la barbarie de la Première Guerre mondiale, la destruction des principes dans l’économie après le 15 août 1971 et la dictature financière imposée après la chute du Mur de Berlin sous le nom de libéralisme. C’est donc dans la pensée d’opposants à ce système que nous devons trouver notre trousse de survie.

Si nous voulons que l’hôpital continue à fonctionner, si nous voulons que les scientifiques et ingénieurs du monde continuent à coopérer et que les produits alimentaires de base soient produits, nous devons créer l’environnement politique où cela devienne possible. En inspirant la manière de penser du peuple et en le mobilisant pour qu’il impose à ses dirigeants un nouvel ordre mondial plus juste. Seuls, ensemble, les dirigeants de la Russie, des Etats-Unis et de la Chine peuvent avoir un poids suffisant pour le faire. Et la France ? Eh bien, comme l’avaient compris un Jaurès et un De Gaulle, chacun à leur manière, elle a pour mission d’être inspiratrice, médiatrice et catalyseur, sans quoi elle ne sera plus souveraine.

Aujourd’hui, nous avons honte de l’Europe. Ce qui est fait à la frontière de la Grèce, après ce qui a été fait et continue à l’être en mer, est une honte. Nous avons aussi honte de notre pays, qui vend son industrie à la découpe et prétend hypocritement organiser une réforme sociale des retraites dont les grands perdants seront les chômeurs, surtout ceux qui ne sont pas indemnisés, et les femmes, en particulier la profession très féminisée des aides-soignants.

Il faut donc refonder, mais d’où repartir ? C’est la question fondamentale et le danger. Les écologistes dévoyés propagent l’idée d’un être humain prédateur et pollueur. Ils entretiennent ainsi un pessimisme malthusien qui ne peut mener qu’au désastre. L’oligarchie financière des Bloomberg et des Carney, avec ses complices, conscients ou non, du Green New Deal, leur fait l’aumône pour pouvoir occuper le domaine de l’économie soutenable et conserver son pouvoir au sein d’une espèce humaine rendue propice à l’asservissement.

 une écologie scientifique et humaine

La voie du salut commun est d’abord d’identifier ce dévoiement pour pouvoir faire réellement face au carnage physique, moral et idéologique du capital financier. Notre mouvement politique, avec Lyndon LaRouche, a identifié dès les années 1970, le projet d’une écologie scientifique et humaine pour inspirer un futur. Le développement durable ne peut être assuré qu’en accroissant constamment le potentiel de densité démographique relative, un monde de jeunes et toujours rajeuni. Mais il n’y a pas d’issue qui ramène au passé : ce développement exige un accroissement de la productivité du travail humain et le progrès technologique.

Nous sommes arrivés à un moment décisif de l’histoire de ce combat. Nous ne pouvons pas nous permettre de tomber dans les pièges de l’oligarchie. Faisons du coronavirus l’occasion d’une prise de conscience qui nous permette de jeter un regard au-dessus de la mêlée pour y retourner avec la manière de penser et d’agir qui nous permettront de la vaincre.

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L’édito de Jacques Cheminade est publié tous les 15 jours dans le journal Nouvelle Solidarité.