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Priorité à la santé publique : il faut reporter le second tour

lundi 16 mars

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Déclaration de Jacques Cheminade

Priorité à la santé publique : il faut reporter le second tour

Paris, le 15 mars 2020 — Il faut reporter le second tour des élections municipales. En s’abstenant massivement au premier tour, les Françaises et les Français ont été plus raisonnables que leurs dirigeants. Moi-même je ne suis pas allé voter pour la première fois de ma vie, considérant que rester chez soi était faire preuve de plus de civisme que de participer à une élection faussée.

Sur mon site, ainsi que sur Facebook et Youtube — les moyens dont j’ai pu disposer — j’ai mis depuis plusieurs jours en garde contre un vote qui violerait le principe républicain d’égalité à l’encontre des personnes âgées et des régions les plus atteintes, où le risque de contamination est le plus grand.

Aujourd’hui, il est temps d’écouter les experts et les chercheurs qui mettent en garde contre le risque couru. Selon les politologues et les constitutionnalistes, il existe une possibilité juridique d’annuler le second tour. Déjà, les débats entre les deux tours sont annulés sur France 3. Voter dans ces circonstances serait non seulement ignorer l’impératif de santé publique mais bafouer le principe du débat républicain.

Ne pas voter doit être un signe donné à tous qu’une pandémie implique des mesures exceptionnelles, donnant priorité absolue à la responsabilité collective et au bien commun sur les comportements habituels. Le report du second tour, rendant donc nécessairement caducs les acquis du premier, est une décision de guerre sanitaire, tout comme la fermeture de tous les lieux publics non indispensables.

Une élection réellement républicaine doit se dérouler dans un environnement apaisé, dans lequel la priorité puisse être donnée à l’essentiel.

Pour créer cet environnement, en même temps que le report, il faut attribuer sans délai les 800 millions d’euros nécessaires pour que l’hôpital public et ses personnels soient en mesure de remplir leur rôle, comme ils l’ont fait depuis la Libération et la création des CHU en 1958, permettant à notre médecine de prendre le premier rang dans la médecine internationale.

Plus encore, cette pandémie, par delà tout calcul politicien, lance le défi d’un nouvel ordre économique et monétaire international de développement mutuel et de priorité donnée à la santé publique, à l’éducation, à la recherche et au travail humain sur les spéculations financières criminelles.

Nos politiciens, pratiquement sans exception, ont fait passer l’intérêt de leur parti avant celui du peuple et de notre pays. C’est une seconde Libération qui est donc nécessaire, sans sectarisme ni angélisme, pour rétablir la souveraineté de l’Etat sur le crédit et la monnaie afin de servir le bien commun de nos citoyens et de l’humanité.


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