La France avec les yeux du futur

Ramasser le tronçon du glaive

mercredi 15 juillet

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Commençons par l’injonction de Charles de Gaulle car, comme lui, nous avons un défi vital à relever. Immédiatement, c’est-à-dire sans attendre l’échéance présidentielle de 2022. L’automne sera meurtrier : saccage économique et social dans notre pays, risque de chaos et de guerre dans le monde, alors que le coronavirus a révélé l’incapacité à réagir de nos responsables. Arrêtons donc de nous lamenter sur l’état de la France et de calculer des positions en fonction d’échéances électorales. Renouons vite avec un état d’esprit voué au bien commun et à faire grandir l’autre.

Nous venons de publier une Feuille de route pour contribuer à ce sursaut : « Soyons résolus à ne plus servir l’oligarchie : réparation, reconstruction, refondation. » Ce n’est ni un énoncé de principes vagues ni un catalogue détaillé de mesures. C’est un viseur qui désigne clairement l’ennemi, une oligarchie prédatrice qui pratique le concubinage haut de gamme entre secteur public et entreprises privées, et une arme pour rétablir notre souveraineté nationale au sein d’une véritable coopération internationale.

La France doit jouer devant face à une crise mondiale et non rester le gardien de but d’une cage nationale plus ou moins immuable. Nous devons redevenir, comme aux meilleurs moments de notre histoire, patriotes et citoyens du monde. C’est ce qu’attend de nous une majorité, ceux qui se sont abstenus aux municipales et ceux qui ont voté malgré eux pour le moins pire. Surtout ceux qui ont manifesté avec les Gilets jaunes et qui n’ont pas baissé les bras.

Avancer la tête froide et le cœur chaud

Allant droit au combat essentiel pour nous libérer de l’oligarchie financière et culturelle, nous devons avancer la tête froide et le cœur chaud. Sans tomber dans tous les pièges qui nous sont tendus. Il y en a sous chaque caillou politique : faux gaullisme social, faux Front populaire écologique, faux antiracisme racial, faux libéralisme masquant la dictature financière, faux mondialismes et souverainismes créant de faux débats.
Le « Ségur de la santé » exhibe la plaie du système. Ils tentent de nous acheter avec une hausse des salaires qui ne relève même pas notre personnel des hôpitaux et des Ehpad au niveau moyen des pays membres de l’Union européenne ! Voilà pour « la plus grosse augmentation de revenus jamais proposée dans notre pays » dont se vante le ministre de la Santé. Alors, que feriez-vous de plus ? Pour commencer, la reprise totale des quelque 30 milliards de la dette hospitalière par l’État. Car c’est parce que les hôpitaux ont continué à fonctionner et leurs soignants à se battre malgré l’austérité budgétaire imposée par l’État, qu’ils ont dû s’endetter. Ensuite, remettre les soignants « au cœur de la gouvernance », comme le demande le collectif inter-hôpitaux. Puis sortir de la logique par points de la tarification à l’activité (T2A), cette même logique qu’Emmanuel Macron veut toujours imposer dans le système de retraites ! Enfin, entreprendre la nécessaire coordination entre ville, médical et médico-social. Ce que j’exigeais dans ma campagne présidentielle de 2017 reste à faire. Le fonctionnement en flux tendus et en juste-à-temps demeure, là comme ailleurs, imposant la loi du profit financier contre le principe du soin humain.

Face à la déferlante qui vient, il faut nous battre sur le double front d’une participation du peuple à la prise de décisions, avec une vraie Banque de France sous contrôle citoyen, et d’un nouvel ordre économique et monétaire international, mettant au pied du mur les principaux chefs d’Etat du monde. Les vainqueurs du nazisme, qui n’ont pas voulu bâtir l’alternative en 1945, c’est-à-dire les cinq membres du Conseil de sécurité des Nations unies, ont une responsabilité particulière. Tout leur poids est nécessaire pour rejeter l’ordre impérial de la City et de Wall Street. A la France de jouer son rôle de médiateur, d’inspirateur et de catalyseur. A nous autres, Françaises et Français, de donner l’exemple, en France et au delà.

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