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lundi 12 juin

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Comme j’écris ces lignes, le taux d’abstention des électeurs inscrits dépasse les 50 %. C’est le taux le plus élevé à des législatives depuis les débuts de la Ve République, sept points de plus qu’en 2012. Avec un tel taux, les candidats devront franchir le seuil de 25 % des inscrits pour participer au second tour. Il ne pourra donc y avoir que très peu de triangulaires. Ce qui permettra à La République en marche d’atteindre une majorité parlementaire elle aussi pratiquement sans précédent.

Il faut en conclure deux choses. D’abord, que les Français éprouvent une profonde insatisfaction, se complaisant dans ce que Bernanos appelait « une décoloration des consciences ».

Ensuite, que la majorité de ceux qui ont voté l’ont fait pour l’image, pour l’équipe des prétendus amateurs contre celle des professionnels de la politique. Tout cela, dans un contexte où Emmanuel Macron et ses marcheurs ont été portés par des cercles d’influence et des intellectuels médiatiques plus enclins à servir l’atlantisme financier qu’à défendre notre pays, devrait nous conduire au pessimisme.

Eh bien non, il n’y a aucune raison de subir la contagion du mal propagé par les experts du suicide plumitif qui est la raison de vivre des Debray et des Onfray.

« La défense du travail humain et d'un statut de l'élu. »

Qui suis-je pour pouvoir le dire, moi qui n’ai obtenu que 0,18 % des suffrages aux présidentielles ? Je le peux parce que mon expérience me fait connaître mieux que personne ce monde qui vient et que les Français pressentent, même si aujourd’hui ils n’en tirent pour conséquence que le rejet, l’abstention ou un « vote utile » sans conviction.

Il y a un potentiel énorme de renouveau. Tous ceux que je rencontre dans les rues me le confirment. Si on leur montre comment les médias masquent, déforment ou manipulent leurs émotions, leur visage s’éclaire. Ils sortent alors, à l’échelle de la politique internationale, de ce sarko-hollandisme qui leur a été infligé depuis plus de dix ans et commencent à discerner le rôle que la France doit jouer dans le monde pour combattre l’oppression financière et engager une politique nouvelle de détente, d’entente et de coopération entre les peuples. Ils retrouvent cette « cause de l’humanité » des De Gaulle et des Jaurès.

Forts de la majorité qu’ils lui ont accordée, les électeurs d’En Marche ! seront désormais très exigeants vis-à-vis de leurs élus.

L’on doit, dès lors, mettre le prochain gouvernement devant ses responsabilités. Vous avez dit gaullo-mitterrandisme ? Exécution ! Vous avez failli, sous Hollande, à mettre en place une séparation bancaire, ce système adopté par l’Amérique de Roosevelt et le nôtre à la Libération ? Maintenant, exécution. Dès votre élection, vous avez adressé un message à Xi Jinping et vous avez dit que vous souhaitiez renforcer le partenariat avec la Russie contre le terrorisme et en Syrie ? Exécution, pour un nouvel ordre gagnant-gagnant.

Dans ce combat contre le terrorisme, l’Elysée a pris le contrôle de la lutte ? Créé une cellule qui travaille à la prévention et l’élaboration d’une stratégie commune ? Excellente chose, que je proposais moi-même, et donc exécution. Dans l’éducation, vous proclamez vouloir combattre les inégalités dès les premières années de la scolarité, dès cette maternelle où les enfants accèdent avec de grandes différences de vocabulaire ? Passez à l’acte, avec les moyens financiers.

Car tout est là, fournir les moyens financiers. La grande contradiction de Macron, que notre mission est de faire éclater, est de prétendre faire quelques bonnes choses sans s’en prendre à l’argent qui l’a fait Roi. Or un système de crédit public, organisé par une Banque nationale qui doit être la banque du peuple, est nécessaire pour changer de système. C’est la priorité absolue ; c’est et ce sera notre cause. Celle de la défense du travail humain et d’un statut de l’élu, qui protège ouvriers, techniciens et employés pour la suite de leur carrière. Rendez-vous en septembre, sans prendre de gants.


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L’édito de Jacques Cheminade est publié tous les 15 jours dans le journal Nouvelle Solidarité.