La France avec les yeux du futur

Cheminade : les 50 prochaines années de la France

dimanche 3 octobre

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Intervention de Jacques Cheminade, président de Solidarité & Progrès, lors de la conférence de Solidarité & Progrès à Paris, le 25 septembre 2021.

Compte-rendu de l’événement et liens vers les autres interventions.

Bonsoir à toutes et à tous,

Je sais que beaucoup d’entre vous ont à l’esprit notre élection présidentielle. Juste ! mais à condition d’être conscient des réels défis de ce temps, d’être prêt à les relever à cette occasion, de faire de la période qui nous sépare du mois de juin de l’an prochain, au cours duquel se tiendront les législatives, une dynamique vers un changement.

  • L’affront qui nous a été fait, par la rupture du contrat des sous-marins. L’affront qui nous a été fait par l’Australie, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, est une occasion de nous ressaisir. Pas comme une chose en soi, mais pour jeter aux orties, une bonne fois pour toutes, une géopolitique où chacun cherche à rafler la mise, et pour monter, nous, en premier ligne du combat pour un nouvel ordre économique, financier et monétaire mondial, ce grand dessein qui a été bafoué à la fin de la Seconde Guerre mondiale, après la victoire contre le nazisme.
  • Le malthusianisme criminel infligé aux peuples. Les conséquences des politiques de guerre permanente, de contrôle des ressources alimentaires et d’indifférence dépravée des pays occidentaux auxquelles nous sommes soumis, auxquelles sont soumis les peuples d’Afghanistan, de Haïti, du Yémen, de la Syrie, de la Libye, du Mali, du Niger et d’autres Etats africains.
  • La séparation criminelle, chez nous, entre une élite de l’argent et de diplômes et le reste de notre pays.

Tout cela doit être une occasion de changer et de nous ressaisir. Pas de nous plaindre ! Pas de nous plaindre de trahison, d’injustice, ou de nous en étonner. Pas de devenir des hommes de caoutchouc. Mais de nous ressaisir.

Pas de dire « non », seulement non, à cette politique d’affrontement permanent contre les peuples, qui peut conduire à un désordre bien pire. Ce désordre bien pire, c’est la destruction de nos capacités économiques, une agriculture et une industrie bradées et vendues à la découpe, la souffrance au travail, la bonne activité au travail empêchée, et cette mauvaise fatigue qui provient de tout ce qu’on voudrait faire, mais qu’on n’y arrive pas. Les salariés devenus variable d’ajustement.

Dire « non » à tout cela ne suffit pas. Cela conduit à l’impuissance. Cela doit être bien plus, encore une fois, l’occasion de nous ressaisir. Cette élection présidentielle n’aura de sens que si elle est l’occasion d’un sursaut face à un monde qui engendre la débâcle, comme en mai 1940, faute de projet humain pour changer la règle du jeu.

Pour l’instant, cette élection n’en prend pas le chemin. On assiste à une prolifération de promesses qui ne seront jamais tenues, qui ne pourront jamais être tenues, comme celles qui ont été faites depuis 40 ans et même au-delà. Car elles s’insèrent dans un système de mondialisation financière, européen et mondial, qui est incompatible avec ces promesses.

Promettre ainsi, au sein de cette mondialisation financière et de l’Union européenne, revient à tricher avec nos consciences. Ce serait comme promettre la vertu dans une tournante de banlieue ou une réunion du Conseil constitutionnel : c’est à peu près la même chose.

Promettre au sein d’un monde où les managers, les gérants de fortune, les Blackrock, les Vanguard et autres exercent une politique de dépopulation voulue, peinte en vert, et ont fait le choix voulu du chômage, et non celui du travail humain créateur. Promettre dans ce contexte, c’est mentir.

La France n’a de sens que si elle donne l’exemple pour en sortir, retrouvant sa grandeur, au-delà des données statistiques, en devenant médiateur, catalyseur et inspirateur pour aider le monde à sortir de ce dilemme mortel.

Angélisme ! Illusions ! Impossible ! s’écrient les pessimistes de tout poil. Trichons comme les autres. Crions notre colère, sans réfléchir. Ou plutôt, cultivons notre jardin : voilà le bruit de fond… ou le silence des agneaux que nous subissons.

Retrouvons donc, dans ce contexte, la volonté politique de changer la règle du jeu.
A nous d’y croire, comme y crurent le général de Gaulle, les Français libres et les Résistants, malgré la défaite de mai-juin 1940, malgré la soumission pétainiste. Et malgré la servitude volontaire, comme l’écrivait La Boétie : « Il ne peut entrer dans l’esprit de personne que la nature ait mis quiconque en servitude puisqu’elle nous a tous mis en compagnie. » Il n’avait pas 18 ans quand il écrivait cela, et c’est pour ça que nous recrutons (et devons recruter) beaucoup de jeunes !

Nous voici donc ici, ensemble, en compagnie. Je suis convaincu que nous allons nous unir, en prenant le risque de ceux qui toujours osèrent, comme dans la « parabole des talents » du christianisme ou dans les épopées de Jeanne d’Arc et de Louise Michel.

Après ce préalable, ce qui déterminera notre engagement – et je suis certain que vous le prendrez demain un peu plus qu’aujourd’hui, un peu plus qu’auparavant, car l’affaire est très chaude pour la France comme pour l’humanité – est de concevoir que ce qui est possible pour la cause du Bien, du Beau et du Vrai, devienne réel.

Ce que nous ferons aujourd’hui dans cette présidentielle, et bien entendu au-delà, car le monde ne finira pas le 24 avril, ou les 5 et 12, dates auxquelles sont fixées les législatives, sera déterminant, car le monde sera bien pire et bien plus difficile si nous faisons trop peu d’ici là.

Nous devons réagir à la fois en voyant à 50 ans devant nous, avec les yeux du futur, et en voyant ce qu’il est essentiel de faire ici et maintenant. Et surtout en engendrant et rassemblant les êtres humains capables de relever ce défi. C’est pour cela que nous sommes ici en compagnie.

C’est cela, le principe d’éducation mutuel qui engendre le respect. Non pour un maître ni pour un homme providentiel, mais pour la participation à un dessein, à un projet de société fraternel qui donne son vrai sens au mot « liberté ».

Les quatre virus

La France dans 50 ans, c’est la paix dans le monde. Une paix qui sera établie par un développement mutuel auquel elle aura été l’une des premières à contribuer. Nous aurons éradiqué les quatre vices, ou virus, qui nous détruisent :

Le vice financier, le vice des gestionnaires de l’argent, accaparant l’émission de monnaie et de crédit au détriment de l’État pour servir leurs intérêts privés. Soyons clairs. L’ennemi est cette oligarchie financière qui pratique chez nous le concubinage haut de gamme entre secteur public et secteur privé, collabo de cette mondialisation financière qui mène au chaos et à la guerre.

Le deuxième est le vice malthusien, visant une politique de réduction de population dans le monde en s’efforçant de culpabiliser les êtres humains pour les crimes commis par leur propre système. L’oligarchie procède ainsi, quelles que soient ses étiquettes. Le vert, c’est du vent. C’est sa couleur actuelle, réduisant l’être humain à un pollueur, un prédateur que l’on veut soumettre à une transition énergétique ou écologique, conduisant à ce que l’on peut appeler une culture de la mort.

C’est une culture de la mort. Les séries ou les jeux vidéo, on l’a dit ce matin, donnent une idée de cet aspect morbide et bestial qu’on cherche à communiquer pour paralyser les volontés politiques. Ils sont utilisés comme une arme d’influence géopolitique en s’appuyant sur les neurosciences et en créant un état d’addiction.

Ensuite, le vice géopolitique insinué entre les peuples, appliqué au sein de chaque nation pour faire croire que l’idée de conflit est ce qui définit l’être humain. C’est exactement ce que disaient, dans leurs écrits et leurs discours, les Mussolini et les Hitler qui ne croyaient pas, nihilistes qu’ils étaient, à la coopération et au développement mutuel.

Enfin, le vice bureaucratique (le vice français) de ceux qui se soumettent aux ordres et qui, depuis leur bureau, cherchent à se masquer les conséquences de leurs propres actes.

La bonne nouvelle est ce que disait Maurice Allais, notre prix Nobel en 1988, qui considérait notre ami Lyndon LaRouche (1922-2019) comme très proche de ses propres conceptions. Ce qu’il disait alors se produit aujourd’hui :

Les perversions du socialisme ont provoqué l’effondrement des sociétés de l’Est, prenons bien garde que les perversions du libéralisme n’entraînent l’effondrement des sociétés occidentales.

Nous y sommes !

Ces perversions, c’est notre combat de les éradiquer, pour rétablir un ordre de développement humain mutuel, un ordre relativement supérieur de création humaine, nécessairement situé au-delà des termes de ce qui apparaît contradictoire dans cet ordre actuel, relativement inférieur.

Notre défi est donc de surmonter ce qui apparaît contradictoire au niveau actuel, avec ces quatre vices dont j’ai parlé, ce qui devient possible en mobilisant un principe créateur supérieur qui permette la coïncidence des opposés. C’est le projet actif, très actif, de l’Institut Schiller international. C’est aussi notre feuille de route en France : « Soyons résolu de ne plus servir l’oligarchie : réparation, reconstruction, refondation », projet de société qui vise à éveiller en chacun le désir de faire mieux. Ce n’est ni un code, ni un catalogue, ni un catéchisme, c’est un pari sur la création humaine, sur ce qui est humain dans l’être humain.

Les 50 prochaines années

Voyons donc le monde de ces 50 prochaines années, que ce courage et cette volonté politique nous permettront d’atteindre.

L’énergie de fusion thermonucléaire contrôlée est enfin branchée sur le réseau. Le coût de l’électricité est très faible et grâce à la fusion, la propulsion dans l’espace devient possible pour l’homme en raccourcissant le temps de trajet. La Lune, puis Mars, ont pu devenir des tremplins pour explorer plus loin. L’être humain est devenu un explorateur optimiste.

Dans la vie quotidienne, le numérique et l’intelligence artificielle nous permettent de déléguer toutes les tâches quotidiennes répétitives et ennuyeuses. Au travail obligé, comme c’est le cas aujourd’hui, se substitue un travail créateur pour le plus grand nombre. Car le temps disponible pour la création, dans le travail comme dans le loisir, s’est accru pratiquement sans limite.

L’éducation est devenue celle des capacités créatrices de chacun, car elles sont nécessaires à tous. L’art et la science ont été rendus au peuple. La société est définie, non pas par le profit financier, le manager, le gestionnaire de fonds, mais par des responsables du bien commun : enseignants, travailleurs, entrepreneurs, formant une chaîne de création continue dans laquelle chacun ne considère pas l’autre comme un pion ou un sujet à exploiter, mais comme le coopérateur unique et nécessaire pour réaliser le projet commun.

C’est l’équipage, uni dans la solidarité, tel qu’il l’est par exemple dans les sous-marins, ou c’est l’équipage dans Le Quart Livre de Rabelais, où Pantagruel prend le gouvernail. C’est cet esprit d’équipage que nous devons développer ici, c’est cette compagnie, que nous sommes aujourd’hui, qui doit devenir cet esprit d’équipe.

Toutes les ressources de la musique et des images, dans ce monde prochain, ont été vouées à l’éveil des capacités créatrices, et non à la perception des sens réduisant l’être humain à des réflexes d’animaux ou à être l’assistant d’une machine.

L’occasion est offerte à chacun, dans ce monde vers lequel nous devons aller, de penser comme Beethoven. Même si seule une petite minorité parvient à le faire, tous devront avoir l’occasion qui leur soit offerte.

Contrairement à toutes les prédictions pessimistes, l’association des Etats dans des projets communs a permis d’échapper, au niveau des relations internationales, aux états de guerre permanente, du fait que cette chaîne de coopération a instauré entre les êtres humains entente et coopération. Une harmonie sans uniformisation a créé les conditions de cette œuvre commune.

Des villes intelligentes et des instruments de production, qui ne polluent plus, sont la marque de cette seconde révolution industrielle réussie où la confiance et l’entraide mutuelle se sont substituées à la défiance présente partout et chez tous en ce début de XXIe siècle.

Alors, là aussi, on entend les voix pessimistes dire : quel idéaliste vous êtes ! Tout cela est trop beau pour être vrai ! Ne seriez-vous pas en train de nous attirer dans un piège ? De nous rouler dans la farine, une fois de plus ? C’est ce qui vient aujourd’hui à l’esprit de beaucoup. Nous le savons lorsque nous les rencontrons.

Eh bien, nous n’avons pas le choix : soit nous nous efforçons, aujourd’hui, d’aller vers ce monde refondé, soit celui dans lequel nous sommes plongés nous conduira à notre perte.

Le temps long

Oui, c’est une question de temps long. Pas de mouvement rapide, pas de temps court. Cependant, si on ne commence pas dès aujourd’hui, on ne le fera jamais.

Si l’on ne croit pas dans les capacités créatrices de l’être humain, on se soumet à un pessimisme fataliste. Il y aura, bien sûr, des moments difficiles pour chacun d’entre nous qui montera au front. Cela demande courage et volonté politique.

Cela exige que nous ne nous laissions pas intoxiquer par des idées destructrices faisant de nous des enfants dépendants. Cela exige qu’on se délivre des marchands d’illusions. Que nous soyons capables de nous battre contre ces marchands d’illusions installés à l’Élysée ou se manifestant dans les rues de nos villes.

Cela exige que l’on devienne crédible sur des sujets fondamentaux, comme l’éducation, le travail, le logement, la sécurité publique. Non comme des catégories de mesures à appliquer, mais comme des éléments dans un état d’esprit par rapport auquel nous devons apporter nos preuves. Que l’on exige de nous des preuves, c’est parfaitement légitime.

Nous devons, c’est peut-être le plus difficile, pouvoir rire. Rire de nos faiblesses. Agir en patriotes et citoyens du monde. Une souveraineté aux couleurs de notre temps, j’appellerais cela un souverainisme universel, un principe d’accord entre Etats souverains, et non la protection derrière les illusions de lignes Maginot.

Ce qui l’en empêche, je l’ai dit ce matin : c’est cette corruption intérieure. La France est dépendante d’une économie de l’immobilier qui est gangrenée par cette corruption. La somme des crédits à l’habitat des particuliers et à l’immobilier des entreprises atteint 1700 milliards d’euros, alors que les crédits à l’équipement des entreprises non financières n’atteignent au maximum que 510 milliards d’euros et les crédits à la consommation à peine 200 milliards. Résultat : une terrible crise du logement, lui aussi sous perfusion financière, avec des effets économiques et sociaux dévastateurs. Tous ceux qui ont travaillé dans l’immobilier savent que ce secteur est le reflet de nos carences dans l’ensemble de notre économie.

La réalité, encore une fois, n’est pas un conflit. Ce n’est pas un match de foot avec ses fans, ses Koke et ses Messi. C’est la recherche multilatérale d’une unité, d’un projet de société national et international, pour retrouver cette unité par-delà nos différences.

Nous vivons dans un monde où ce que vous aurez murmuré à l’oreille dans les chambres sera crié sur les toits. Maintenant, c’est sur les écrans. Cette fin de la vie privée, est-elle un mal ? Oui, si l’on sombre, comme aujourd’hui, dans l’exhibitionnisme et le contrôle social. Non, au contraire, si ceux qui savent et qui mentent sont démasqués grâce à ces moyens nouveaux.

Pourvu que nous soyons disposés, nous-même, à revenir à nos racines, nous avons le pouvoir de voir tout homme avec un beau visage. Pourvu que nous soyons disposés à revenir à nos racines judéo-chrétienne et grecque pour en faire des sources afin qu’elles ne restent pas racines. Pour que nous devenions explorateur du monde de l’autre, de la sagesse confucéenne comme de la Maison de la sagesse d’Al-Mamun, car l’avenir appartient toujours aux explorateurs qui améliorent les choses sur Terre, au nom de ce que certains appellent « un impératif extra-terrestre » (c’était notre ami, Krafft Ehricke, l’ami d’Helga Zepp-LaRouche).

J’ajoute que notre pays a la responsabilité de près 12 millions de mètre carrés d’espaces maritimes, dont la plus grande partie se situe en zone indo-pacifique. Là aussi, nous devons tenir notre rang en réfléchissant à notre histoire et à nos manquements, comme en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie, aux Antilles.

Nous aurons aussi la responsabilité des nouvelles formes de travail humain, depuis le télétravail jusqu’à la recherche scientifique, plus que jamais en équipe. Cela touche à la fois à l’espace géographique, dans l’espace et dans les profondeurs (dans les mers), et aussi, évidemment ,dans notre vie la plus intime.

Cette élection présidentielle doit aussi être saisie comme la chance d’un sursaut pour voir plus haut et plus loin. Pas au niveau de perceptions erronées, d’expériences vagues, de ouï-dire ou d’effets que l’on prend pour des causes.

Si nous admettons dans notre vie quotidienne des « squid games » ou des « random games » (ce sont les jeux de la mort), comme en propose Netflix, comment pourrions-nous devenir optimistes et combattre une fascination pour la mort qui est la meilleure ruse des puissants de ce monde pour garder le pouvoir : nous démoraliser insidieusement.

Léon Bourgeois, le solidariste et homme de paix, aujourd’hui méconnu, était actif de la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Il disait en son temps : « Nous avons contracter une dette envers les générations passées que nous devons acquitter envers les générations futures. » C’est une dette qui, bien entendu, ne se mesure pas en monnaie, mais en termes économiques et sociaux.

Lyndon LaRouche, notre ami américain, a répondu mieux que tous ses contemporains à ce défi, en énonçant les quatre principes d’accès au futur, qui valent dans les conditions de la France des 50 prochaines années, sans doute mieux qu’ailleurs, en raison de notre tradition de service public.

Réforme bancaire et financière

Ces principes sont notre chemin vers ces 50 années. Ils ont été élaborés ce matin par Fabrice Grimal, grâce à l’aide d’un de mes collaborateurs ici présents. Je vais les rappeler dans l’ordre dans lequel ils doivent être présentés.

C’est d’abord le plus élémentaire : la séparation entre banques de dépôts et de crédits d’une part, et d’autre part, les banques spéculant sur les marchés financiers. C’est ce que François Hollande avait promis de faire, dans son fameux discours d’avant la présidentielle, avant de faire exactement le contraire, bien que j’aie pu le rencontrer, ainsi qu’Emmanuel Macron, au moment où ils ont pris cette décision désastreuse, ne tenant aucun compte de ce que j’avais pu leur dire.

L’État ne doit plus se porter garant pour les spéculateurs sur les marchés financiers, qui, faute de cette garantie, verront leurs bulles éclater, s’effondrer et eux-mêmes défaillir. Cette séparation bancaire suppose la faillite, aussi ordonnée que possible, de ceux qui spéculent au détriment des Etats et des peuples.

[Le principe le plus important] est un système de crédit public, redonnant priorité à la construction de notre projet de société qui s’exprime dans tous les domaines où l’argent doit aller. L’argent, disait Lyndon LaRouche, est un idiot. On doit lui dire ce qu’on veut faire et comment il doit opérer, alors l’argent peut devenir un idiot qui sera utile à tous.

Ensuite, une banque nationale. Celle en carton que nous avons promenée parmi les Gilets jaunes pour montrer son importance. Non pas l’actuelle banque dite « de France », soumise aux intérêts financiers, mais une vraie banque nationale qui assure le contrôle de l’émission de monnaie pour aller là où il faut. C’est le troisième pilier ou principe de cette France des 50 prochaines années.

Enfin le crédit pour les formes d’énergie et de technologie aux flux de densité les plus élevés, reflétant dans la réalité la capacité humaine à trouver de nouveaux principes physiques, permettant de changer et d’améliorer l’environnement, ce que l’être humain est le seul à pouvoir faire, par rapport aux autres êtres vivant sur Terre. C’est la caractéristique que l’homme ne peut respecter que s’il est lui-même créateur.

La créativité au service de la création

Cette création, dans l’esprit de chacun, cette création individuelle doit être en accord avec une création collective, celle de toute une société se portant vers un avenir meilleur pour ceux qui nous succéderont.

Il ne faut pas croire que cela ira de soi. Ce n’est pas un beau schéma tombé du ciel, à appliquer de façon formelle. C’est le produit de toute une lutte, auquel le peuple devra participer. Pas comme le disent certains (Xavier Bertrand, Darmanin, chez nous), en encaissant des dividendes d’entreprises. La participation, c’est la participation à l’exercice du pouvoir. Que chacun y ait sa part. Les politiques ne peuvent se construire qu’avec ceux auxquels elles sont destinées. Autrement, çà ne peut pas marcher.

C’est cette participation à une juste cause qui entraînera une mutation profonde de notre classe politique, ainsi que de la classe politique dans le monde entier. Certains utiliseront le terme de « liquidation » de cette caste qui opprime, ou de liquidation bienveillante. Je dirais que nous ne réussirons que si les meilleurs (ou les moins mauvais) de cette caste en viennent à nous servir et que, par ailleurs, chacun d’entre vous se mobilise dans cette tâche en vue de ce projet.

C’est ce à quoi nous vous invitons aujourd’hui. Nous vous invitons avec insistance à y participer. A ne jamais arrêter de vous qualifier pour y participer afin de changer ce qui doit l’être, et dès que possible, parce que ce monde, encore une fois, bascule vers une logique d’indifférence perverse et de guerre. Nous n’avons pas le droit de nous dérober. C’est ici et maintenant.

Merci


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